Une dépense injustifiée

Les médecins du CHU Dumont et de l’hôpital de Moncton tiennent à exprimer leur désarroi face à l’octroi du service de séquençage d’ADN à Saint-Jean.

Dr Rémi  LeBlanc, MD
Président du personnel médical, Hôpital Georges-L.-Dumont

Dre Pamela Mansfield,  MD
Présidente du personnel médical, Hôpital de Moncton

Dre Linda LeBlanc, MD
Secrétaire du personnel médical, Hôpital Georges–L.-Dumont

Dr Dhany Charest, MD
Médecin chef local, Hôpital de Moncton

En créant un deuxième centre de séquençage génétique dans la province, le premier ministre initie une dépense coûteuse et injustifiée dans notre système de santé. Ces tests, primordiaux dans les soins aux patients atteints de cancer, de maladies neurogénétiques et autres sont complexes et dispendieux.   Étant donné la démographie du Nouveau-Brunswick, il n’y a aucune raison valable justifiant l’établissement d’un deuxième service diagnostique provincial.

Le gouvernement, la population générale et les donateurs à la collecte de fonds de la Fondation de Saint-Jean semblent avoir été induits en erreur par de la désinformation médicale, politique et médiatique quant aux coûts et aux besoins réels de ce service.

Les médecins sont tenus à faire des choix difficiles dans les soins aux patients en raison des ressources financières de plus en plus limitées.

Cette décision d’accorder un deuxième centre de séquençage est un affront envers tous les professionnels de la santé et la population qui tiennent à sauvegarder le système de santé universel viable.

Le réseau de santé Vitalité, en collaboration avec L’Institut Atlantique de recherche sur le cancer (l’IARC), offre un programme accrédité pour le séquençage génétique qui est géré par un personnel expert.

Nous comprenons que le centre de séquençage d’ADN de Saint-Jean ne sera pas opérationnel immédiatement et que leurs spécimens sont actuellement envoyés hors province.

D’ici là, afin de diminuer le coût associé à ce service, nous invitons cordialement nos collègues de Saint–Jean à faire parvenir leurs spécimens pour fin de séquençage à Moncton.

Nos collègues de l’hôpital de Moncton se joignent à nous comme groupe uni afin de dénoncer cette décision insensée du gouvernement.

En plus d’ajouter une dépense non justifiée qui n’améliore aucunement la qualité des soins offerts, elle met en péril le service reconnu comme chef de fil au Canada déjà existant à Moncton. Comme corps médical nous devons prendre position face au gouvernement quant à ces décisions insensées afin que les allocations futures en matière de soins de santé soient beaucoup mieux réfléchies.