Le péché originel, une invention?

À la suite de la lettre pastorale de notre évêque, Mgr. Daniel Jodoin, je me suis mis à réfléchir sur mon histoire religieuse. J’ai eu la chance de rencontrer la théologienne suisse, Lytta Basset et lire ses livres. Dans ses écrits elle démontre le sens biblique du péché dit originel.

St-Augustin avait une conception corrompue du péché originel. Pour lui, un naissant, l’enfant était couvert de boue et il fallait le laver par le baptême, pour le rendre digne de Dieu. Sous l’influence de la pensée de St-Augustin, en 418, le concile de Carthage approuve cette doctrine.

Dix-huit évêques n’étaient pas d’accord et le Pape présent n’était pas plus enthousiasme face à cette nouvelle doctrine sur le péché originel.

St-Augustin n’a pas inventé la notion de péché, comme dans la Bible. L’invention de St-Augustin fut son interprétation négative culpabilisante du péché.

Dans ses recherches, Lutta Bosset n’a pas trouvé dans la Bible, cette vision négative de l’être humain, proclamée par St-Augustin.

D’après les Écritures saintes, le péché est un enfermement sur soi, un état de non-relation à l’Autre.

Quand Jésus s’adresse à la femme adultère, l’expression française donne ceci: «Va, et ne pèche plus». Le verbe grec, lui, plus biblique, donne l’invitation suivante à la femme condamnée: «ne manque plus ta cible; si tu te trompes de chemin tu vas te perdre.» Puis Jésus se tourne vers les accusateurs et leur dit, selon le verbe grec: «Que celui qui n’a jamais dévié de son chemin, que celui qui n’a jamais rompu une relation, lui lance la première pierre. En commençant par les plus vieux, les accusateurs se retirèrent.» Présentement, qui sommes-nous pour lancer la première pierre à celui ou celle qui ne pense pas ou ne croit pas comme nous?

Malheureusement, cette vision pessimiste de l’être humain, inventée pas St-Augustin elle fut transmise de génération en génération. Le rituel baptismal de ma jeunesse présentait l’enfant comme habité par le péché et coupé de Dieu. Si l’enfant n’était pas lavé par le baptême, allait aux limbes, n’étant pas digne du ciel.

La désaffection actuelle de mon Église vient à un certain temps, d’avoir lancé des pierres à tous et à chacun.

Cette mentalité négative des personnes de foi se manifeste encore de nos jours. En lisant la lettre pastorale de Mgr Jodoigne, j’ai pensé que tous les participants au culte eucharistique allaient se lever debout et applaudir. Mais non, la mentalité négative d’Augustin du péché originel continue de faire son chemin.

Pourtant, cette lettre pastorale de notre évêque est un trésor, dans le sens évangélique.

Léon Robichaud, prêtre

Shippagan