La formation est un élément essentiel pour qu’une entreprise s’épanouisse et connaisse du succès. En fait, la majorité des propriétaires de petites et moyennes entreprises canadiennes du pays (91 %) croient que la formation est un investissement important pour faire croitre leur entreprise.

Toutefois, alors que les PME investissent chaque année des sommes considérables dans la formation de leurs employés, on remarque que la formation informelle, le principal type de formation utilisé par les PME, est rarement reconnue ou encouragée par les différents paliers de gouvernement.

Dans un contexte où de nombreuses petites entreprises tentent de surmonter la pénurie de compétences qui est de plus en plus présente au pays, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) demande aux gouvernements de porter une attention particulière à ce dossier, en développant et en mettant en œuvre des programmes et politiques qui tiendront compte de la réalité des PME.

Dans un récent rapport intitulé «Formation de la main-d’œuvre : soutenir l’investissement des PME», la FCEI révèle que les PME canadiennes ont investi 14 milliards $ dans la formation du personnel en 2014. De cette somme, 9 milliards $ ont été investis dans la formation informelle, et 5 milliards $ l’ont été dans la formation formelle. La formation formelle est offerte aux employés dans le cadre d’activités dispensées par des établissements d’enseignement ou des formateurs professionnels, tandis que la formation informelle est offerte en cours d’emploi par des superviseurs, des collègues ou les propriétaires d’entreprises eux-mêmes. Globalement, 95 % des PME offrent de la formation, qu’elle soit formelle, informelle ou un mélange des deux.

Malgré les milliards de dollars investis chaque année par les PME canadiennes dans la formation du personnel, 58 % des propriétaires du Nouveau-Brunswick affirment avoir eu de la difficulté à recruter du personnel qualifié au cours de la dernière année. Pour les aider à fournir plus de formation à leurs employés, les entrepreneurs souhaiteraient voir des crédits d’impôt pour la formation, un allègement du fardeau fiscal, ainsi que de meilleurs partenariats avec le système d’enseignement. Nous sommes d’avis que les gouvernements devraient être attentifs aux préoccupations et suggestions des propriétaires de PME, en s’assurant que les programmes de formation soient adaptés aux réalités particulières de ce secteur clé de l’économie canadienne.

Après tout, les gouvernements consacrent d’importantes ressources financières au développement de la main-d’œuvre en faisant des investissements dans des établissements d’enseignement publics et dans des initiatives publiques de formation. Malheureusement, le modèle actuel ne tient pas compte des besoins en formation des PME, ni de la réalité de la formation au sein de ces entreprises. C’est ce qui explique en partie pourquoi seulement 14 % des PME du Nouveau-Brunswick ont eu recours aux programmes de formation parrainés par le gouvernement au cours des trois dernières années. Et parmi ces entreprises qui ont utilisé les programmes du gouvernement, la plupart indiquent avoir bénéficié de crédits d’impôt pour la formation en apprentissage.

Étant donné que bon nombre de PME n’ont pas recours aux programmes gouvernementaux de formation qui sont en place, les décideurs politiques auraient avantage à réévaluer leur soutien à la formation. Il est essentiel de tenir compte des besoins des chefs d’entreprise pour s’assurer que les initiatives gouvernementales en matière de formation sont arrimées aux besoins des employeurs et que les travailleurs soient adéquatement formés pour occuper les emplois disponibles à la fin de leur formation.

Dans le cadre de la présente campagne électorale fédérale, nous souhaitons voir les chefs de chacune des formations politiques présenter des mesures concrètes qui permettront d’appuyer les PME canadiennes dans leurs efforts de formation du personnel.

Nous aimerions aussi que les gouvernements provinciaux se penchent sur cette question cruciale. Nos membres nous disent que les provinces pourraient apporter plusieurs changements afin que les programmes de formation correspondent davantage à leurs besoins. Par exemple, ils aimeraient qu’il y ait une plus grande souplesse afin que les programmes de formation puissent être fournis en dehors des heures normales de travail. Les gouvernements devraient aussi s’assurer qu’une portion des fonds destinés à des programmes de formation précis soit allouée aux PME, et que les processus de demande et de soumission de rapport suivent des principes logiques, tout en tenant compte de ne pas alourdir le fardeau administratif.

Finalement, la FCEI presse les gouvernements de s’assurer que les initiatives de formation correspondent aux compétences dont les employeurs ont besoin. Cela peut se faire de différentes façons : améliorer la formation axée sur les compétences de base; concentrer les fonds destinés à l’éducation postsecondaire sur des programmes liés au marché de l’emploi; et réaffecter les fonds actuels destinés à la formation pour les investir dans des programmes qui permettront de bien préparer les étudiants au monde du travail ou dans de nouveaux programmes qui encouragent, et non découragent, la formation à tous les niveaux de compétence.

Les PME canadiennes restent un important pôle de formation pour les travailleurs canadiens. Mais tant que les divers paliers de gouvernement et leurs programmes ne reconnaîtront pas l’importance de la formation informelle, bon nombre d’entreprises ne pourront bénéficier de programmes de formation parrainés par le gouvernement. Leurs employés passeront donc à côté d’occasions intéressantes.

 

Denis Robichaud, Directeur des Affaires provinciales

Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI)

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