Du vote passif au vote stratégique

Dans une société où on s’indigne de moins en moins, il n’est pas rare de voir les principes élémentaires de la démocratie mis au rancart. Les politiciens ne sont pas les seuls à blâmer. Les citoyens, qui brillent par leur passivité, le sont tout autant.

La présente campagne électorale nous permet de déceler les faiblesses de notre démocratie, celles d’identifier d’abord l’ennemi, ensuite trouver celui capable de le battre, non pas parce que ce dernier offre une alternative sérieuse, mais par le seul souci de changement.

Pourtant, la recherche effrénée du changement n’est pas le fondement principal de la démocratie, mais plutôt la décision consciencieuse des citoyens d’assumer  leur choix. Il ne s’agit donc pas de trouver un messie qui nous sauvera d’une quelconque misère, mais de choisir la personne vouée aux principes démocratiques et capable de respecter l’esprit du programme pour lequel elle est élue.

Malheureusement, la culture démocratique dont on hérite parfois semble être celle qui consiste à ne réagir que lorsqu’un avantage tenu pour acquis nous échappe. Les politiciens ont donc retenu la leçon de Juvénal, un poète romain: «donner au peuple du pain et des jeux pour le gouverner», peut-être aussi pour le manipuler.

 

Jean Codjo
Moncton