Parler de santé mentale

Février étant le mois de la prévention du suicide, il est nécessaire de faire place à la santé mentale. Pourquoi n’en parlons-nous pas le reste de l’année? Aborder ce thème demeure tabou pour certains.

Pourtant, il touche la majorité d’entre nous de près ou de loin. Selon l’institut de recherches en santé du Canada (2014), un Canadien sur cinq sera aux prises de maladies mentales au cours de sa vie. Parlons-en pour amoindrir le fardeau de ceux qui vivent ces difficultés.

Je salue le gouvernement provincial et les initiatives tentées afin de respecter le plan d’action pour la santé mentale au Nouveau-Brunswick 2011-2018. Ce plan établit des services axés sur les besoins des Néo-Brunswickois pour pallier les conditions qui mènent vers une fragilité au niveau de la santé mentale.

Par exemple, l’accès à une éducation de qualité, à un emploi avec des conditions de travail adéquates, l’accès au logement, la réduction des préjugés et à l’accessibilité aux services de santé. Ces initiatives sont-elles suffisantes?
Au Nouveau-Brunswick, selon l’enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), entre 2011 et 2014, le nombre de personnes ayant un trouble de l’humeur est monté de 52992 à 66965, soit une hausse de 26.3%. En même temps, nous connaissons une augmentation du taux de chômage. Plusieurs vivent dans la pauvreté. Nous manquons de ressources professionnelles en santé et l’accès aux divers services proposés est toujours difficile. Le cheminement y est, mais nos gouvernants ne doivent pas ignorer ces faits et continuer à poser des actions concrètes pour nous offrir un environnement de vie sain.
Toutefois, nous avons notre part de responsabilité et devons prendre conscience de l’importance qu’a la santé mentale sur nos vies.
Un point clé est de ne pas négliger notre équilibre de vie. Ceci peut être un concept qui nous pose quelques difficultés, surtout lorsque notre socialisation, nos normes et nos valeurs n’accordent pas une place d’importance à la santé mentale. La majorité d’entre nous vivent un rythme de vie accéléré et sentons beaucoup de pression au quotidien. Cependant, il est important de se recentrer régulièrement sur nous même pour maintenir un bon équilibre de vie.
Une façon de faire ceci est de porter attention à comment on partage notre énergie entre nos responsabilités familiales, sociales, professionnelles et notre bien-être. C’est malheureusement souvent notre bien-être qui est délaissé. Finalement, nous sommes tous différents, chacun ayant son propre équilibre. Nous avons tous des capacités différentes et il faut les respecter sans vouloir copier le modèle de vie des autres ou celui véhiculé par les médias. Enfin, pour reprendre le proverbe: «Un esprit sain dans un corps sain».

Mélodie Vienneau
Dalhousie-Junction