Ensemble, nous pouvons contrer l’exploitation financière des aînés

Depuis quelques années, on entend beaucoup parler de la tendance démographique au Nouveau-Brunswick et du fait qu’elle a atteint un tournant. Selon Statistique Canada, le Nouveau-Brunswick détient maintenant le pourcentage le plus élevé de personnes âgées (19%) parmi toutes les provinces et territoires au Canada. Nous avons tendance à devenir plus dépendants des autres en vieillissant, ce qui nous expose davantage aux risques d’exploitation financière. Les conséquences sont plus grandes pour les personnes âgées qui en sont victimes, car elles ont moins de temps pour refaire leurs économies et rétablir leur stabilité financière. Cette forme de maltraitance peut être perpétuée par une personne qui prend soin d’eux et en qui ils ont confiance – comme un membre de la famille qui a accès à leur compte en banque.

La Commission des services financiers et des services aux consommateurs a le mandat de protéger les consommateurs néo-brunswickois dans tous les secteurs qui se rapportent aux services financiers. Pour y arriver, elle s’active à assurer la réglementation de ces secteurs et d’éduquer les consommateurs. La lutte contre l’exploitation financière des aînés est pour nous un dossier prioritaire. La prise de mesures préventives pour contrer l’exploitation financière et la maltraitance nous paraît judicieuse, surtout si nous considérons la tendance démographique actuelle et son évolution attendue dans la province.

L’un des principaux obstacles dans cette lutte est le fait que l’exploitation financière peut être difficile à repérer et à signaler. Cela dit, selon notre sondage annuel de 2016 sur la sensibilisation du public à la question, 84% des répondants se sont dit préoccupés par la question de l’exploitation financière des aînés; 23% ont dit connaître personnellement une personne âgée qui a été (ou pensent qu’elle aurait pu être) victime d’exploitation financière; toutefois, seuls 29 % des répondants qui connaissaient ou soupçonnaient des cas de maltraitance les ont signalés.

Les gens hésitent à signaler les cas de fraude ou d’exploitation financière pour diverses raisons: ils éprouvent de la gêne; ils craignent les conséquences; ils ne sont pas tombés dans le panneau ou ignoraient qu’il s’agissait d’une escroquerie; ils ne savent pas à qui signaler le problème; ils espèrent récupérer leur argent; ils n’aiment pas l’idée de rapporter un membre de la famille; ou ils craignent les représailles éventuelles.

Les répercussions de l’exploitation financière ne se limitent pas au portefeuille. Elles peuvent également mener à l’isolement social, à la dépression, à l’anxiété et à d’autres problèmes de santé.

Au printemps 2015, la Commission a organisé une série de séances de consultations à la grandeur de la province afin de recueillir les commentaires des personnes âgées pour mieux comprendre leurs besoins en matière d’information et les problèmes auxquels ils sont confrontés quand ils font affaire avec des fournisseurs de services financiers ou aux consommateurs. À l’aide de l’information recueillie, nous avons ensuite organisé un forum sur l’exploitation financière des aînés en novembre dernier. Les participants à ce forum se sont penchés sur la question à savoir quels étaient les meilleurs moyens de prévenir, de détecter et de combattre cette forme de maltraitance. Il n’y a pas de réponse simple à la question, ce n’est pas non plus une question à laquelle on peut répondre de manière isolée. La rencontre d’une journée s’articulait autour de cinq grands thèmes qui se sont dégagés au cours des séances de consultations menées en 2015:

– Défense des intérêts: améliorer les processus et aider les aînés à surmonter les obstacles et faciliter l’accès aux services et au soutien dont ils ont besoin.

– Meilleure communication avec la clientèle de personnes âgées: communiquer avec les personnes âgées d’une façon à mieux servir leurs intérêts et à les protéger.

– Réforme de la réglementation: entreprendre des réformes pour prévenir l’exploitation financière et faire en sorte que les auteurs de ce crime soient tenus responsables de leurs actions.

– Prévention et éducation: fournir aux aînés l’information et les outils nécessaires pour qu’ils puissent éviter de devenir victime d’exploitation financière.

– Application de la loi: s’assurer que les mesures de protection actuelles sont encore plus efficaces.

Nous avons rassemblé un groupe de spécialistes et de multiples intervenants tous aussi passionnés les uns que les autres par la question, et les avons invités à l’étudier, et à discuter des barrières, des lacunes et des défis rencontrés dans la détection du problème et la recherche de solutions.

Ce forum de discussion est une étape importante, car il a permis de rassembler des groupes qui souhaitent résoudre le problème. Cependant, il en ressort clairement qu’il s’agit d’un enjeu communautaire et que nous ne pouvons simplement attendre et espérer que le problème sera résolu par quelqu’un d’autre.

Tous les Néo-Brunswickois peuvent et doivent s’engager à trouver des solutions qui protégeront les personnes âgées contre l’exploitation financière et les actes frauduleux. Nous avons tous des parents, grands-parents, tantes, oncles, voisins et amis qui pourraient être la cible d’un fraudeur. Il est important de rester à l’écoute et à l’affut des signes révélateurs d’exploitation ou des signes d’incertitude dans les décisions financières. Ce n’est que lorsque nous travaillerons ensemble pour protéger les personnes âgées de la province que nous réussirons à balayer les obstacles qui nous empêchent de repérer, de signaler et de mettre fin à l’exploitation financière des aînés.

Malheureusement, cette forme de maltraitance est entourée de mythes et de stéréotypes, qui bien souvent camouflent le problème ou le font passer sous silence. La Commission des services financiers et des services aux consommateurs offre sur son site web des ressources pour vous aider à reconnaître les signes d’exploitation financière et à la prévenir. Elles sont particulièrement utiles pour ceux qui soupçonnent être victime d’exploitation financière ou qui pensent connaître quelqu’un qui en est victime. Nous offrons des présentations qui encouragent une approche proactive de la planification successorale et de la prévention de l’exploitation financière à tous les groupes qui souhaitent en apprendre davantage. Il suffit de communiquer avec nous au 1 866 933-2222 ou de visiter notre site (fr.fcnb.ca/etapes/ressources-financieres-personnes-agees.html).

Rick Hancox
Chef de la direction
Commission des services financiers et des services aux consommateurs