Tricher ou perdre

C’est incroyable comment la politique et le sport se rencontrent dans les endroits les moins recommandables! Et tout aussi incroyable comment les journalistes ne voient que les tricheries des sportifs et non celles des politiciens!

Même si je considère les problèmes de dopage des sportifs comme importants, je considère comme beaucoup plus problématique la tricherie au niveau politique; les deux situations donnent un très mauvais exemple aux générations qui suivent. Le fait d’accéder à des postes de haute direction politique par des moyens douteux nous causera des problèmes beaucoup plus coûteux en terme de développement économique et social.

Je parle ici de la situation de Hillary Clinton et de sa campagne à la présidentielle américaine. Pour ceux qui croient que ce n’est pas notre problème, je rappelle les magouilles des Bush père et fils. Considérez les sommes importantes qui ont été englouties dans les deux guerres en Irak en plus des pertes de vie inutiles. Et je vous rappelle aussi que ces guerres ont contrevenu à toutes les lois internationales.

Je reviens sur le cas de Mme Clinton. Laissons de côté les multiples manquements au niveau de la sécurité des communications officielles alors qu’elle était secrétaire d’État et concentrons-nous sur le problème de la neutralité des représentants de l’Association démocrate. Cette organisation, qui contrôle le processus de nomination du représentant démocrate à la présidentielle, doit s’assurer que le processus est juste et équitable pour tous les candidats. Le candidat Bernie Senders a répété pendant plusieurs mois que ces représentants n’étaient pas impartiaux. De plus, les multiples communications internes rendues publiques montrent comment ces derniers ont manipulé le système pour favoriser la candidature de Mme Clinton.

Donc, nous savons qu’elle a triché, nous savons comment elle a triché, nous savons qui l’a aidée à tricher et nous savons qu’elle était au courant de ces tricheries. Devrions-nous rester sans rien faire et la laisser se présenter comme candidate à la position la plus importante pour le monde démocratique? Quel genre de société aurons-nous si de telles personnes sont celles qui nous dirigent?

Je trouve incroyable que les journalistes ne dénoncent pas plus vigoureusement cette situation. Dans le pays qui se présente comme le protecteur du monde libre, cette situation est inacceptable. Comment ces mêmes journalistes peuvent-ils critiquer les dirigeants des autres pays pour leurs manquements aux principes démocratiques s’ils ne sont pas plus concernés par ces mêmes transgressions dans leur propre pays? J’ose espérer que les citoyens de ce grand pays seront suffisamment sages pour reconnaître la gravité de la situation et qu’ils sauront prendre la bonne décision le moment venu.

Roger Dupéré
Saint-Quentin