Le bilinguisme moins cher que les conflits sociaux

Bon nombre d’entre nous qui suivons les nouvelles mondiales comprenons que notre fragile planète ressemble de plus en plus à un monde infernal. Les actes de violence perpétrés en Europe, en Asie et en Amérique du Nord et Sud font partie du quotidien. Ils provoquent l’insécurité, le désespoir social et les difficultés économiques.

Jusqu’ici, personne ne semble connaître les causes sous-jacentes de ces grands conflits sociaux ou encore savoir comment faire pour y mettre un terme. Ce ne sont pas les guerres et les actes de vengeance qui vont les éliminer.

S’il y avait plus d’amour, de compréhension, de respect mutuel et de justice sociale, il y aurait beaucoup moins d’actes de violence. Ce serait presque le paradis sur terre.

Récemment, comme par le passé, certains Néo-Brunswickois ont affirmé que le bilinguisme est injuste envers eux. Un citoyen a même déclaré aux médias que pour un emploi à la fonction publique, il y a de fortes chances qu’on préfère un candidat francophone bilingue ayant terminé sa 10e scolaire à un candidat unilingue anglais avec un doctorat. Cette déclaration sous-entend que les emplois bilingues sont réservés aux francophones et elle est fausse.

Étant donné que notre province est une province officiellement bilingue – la seule au Canada -, nous attirons des touristes qui parlent le français et qui parlent l’anglais. Ils viennent non seulement d’autres provinces, mais aussi de nombreuses autres régions du globe. Ils sont enchantés par notre façon paisible de vivre et certains décident même de s’établir parmi nous. Les gens d’affaires font de même et créent des occasions d’emploi pour nous tous. Si nous générons des conflits, ils iront ailleurs.

Récemment, je suis entré dans un restaurant de Dieppe dont le propriétaire est francophone. J’ai été accueilli de façon agréable par un personnel bilingue. Mais le menu était présenté complètement en anglais. Pas un seul mot français. Pouvez-vous trouver à Dieppe ou à Moncton un restaurant dont le propriétaire est anglophone et où le menu est complètement en français? Comment réagiraient les clients anglophones devant une telle situation?

Il est vrai que notre situation linguistique n’est pas parfaite. Mais certains d’entre nous devrions peut-être prendre le temps d’observer ce qui se passe ailleurs dans le monde, tant au niveau des municipalités que des administrations provinciales et des affaires. Nous verrons que nous sommes «pas mal chanceux» ici, au Nouveau-Brunswick, comparativement à nos compatriotes dans de nombreuses autres villes ou pays. Au lieu de passer notre temps à se regarder le nombril, il serait peut-être sage de songer aux difficultés des moins fortunés ailleurs dans le monde.

Bref, le bilinguisme contribue dans une large mesure à des actes pacifiques et à une compréhension respectueuse. Il a des coûts moins onéreux que les conflits sociaux.

Alcide F.LeBlanc
Moncton