Humour propre ou dérisoire

Il va sans dire que le rire est une thérapie efficace contre l’ennui et la morosité. Selon le savoir-vivre populaire, rire de soi-même est un art et beaucoup d’humoristes savent très bien exécuter en se mettant eux-mêmes en sellette devant leur auditoire. Mais rire des autres devient dérisoire et pervers, à plus forte raison quand on dénigre ceux qui sont particulièrement démunies de la vie.

Si l’humour est un art, alors pourquoi certains humoristes se mettent eux-mêmes en cavale pour prendre en raillerie quelqu’un plus petit qu’eux. Pour être in? Pour faire leurs rigolos? Pour tenter de se créer un public par des démarches qui lèsent la dignité humaine?

Le respect mutuel, ça existe. De toute façon, à moins que quelqu’un se prenne pour un autre en brisant la solidarité humaine, je crois que personne n’a le droit de diminuer ou d’outrager publiquement son semblable sans son consentement. Cet exégète croirait-il que tout lui est permis et que ses autres concitoyens sont considérés comme des vauriens, des gredins ou encore des sans-desseins pour finalement en faire une risée? La liberté humaine a des limites. Ma liberté s’arrête où celle de l’autre commence.

Je crois qu’en 2016, on devrait être en mesure de savoir respecter les différences avec dignité et de pouvoir, comme artiste, donner un produit constructif et méritoire.

Où est la valeur humaine dans cet humour dérisoire marginal? Où est notre limite comme humoriste? Humour propre ou dérisoire? Quelles sont nos attentes comme spectateur? C’est un choix personnel, comme artiste ou comme spectateur, qui reflète à la fois mes propres valeurs comme citoyen et ceux d’une société humaine cultivée et gratifiante.

Il existe des dizaines, voire des centaines de façons de faire de l’humour. De grâce, mesdames, messieurs, soyez indulgents envers les plus dépourvus.

Théo Therrien
Edmundston