Les petits déjeuners

Quand j’ai lu ça, comme disait ma grand-mère, «ça me fend la face».

Le problème est à la maison. La mère ne se lève pas et les enfants sont en retard pour l’école le ventre vide.

Ne venez pas parler de pauvreté. Une douzaine d’oeufs coûte 2,99$, une cartouche de Player’s coûte 122$ et je ne parle pas du pot et de l’alcool. Ma mère a élevé quatre enfants seule et nous ne sommes jamais allés à l’école sans déjeuner ou dîner. Un oeuf à la coque ou un petit plat de gruau et une toast, ça n’a pas appauvri personne. La meilleure, c’est: «une problématique qui mérite l’attention particulière du gouvernement». À moins que le gouvernement envoie des travailleurs sociaux pour voir ce qui se passe dans ces familles-là, je ne vois pas ce qu’il pourrait faire de plus.

Nicole Tremblay, Caraquet