Le plan de croissance et la réussite de nos entreprises

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick vient de présenter son Plan de croissance, un plan attendu par la communauté d’affaires francophone. En effet, les entreprises que nous représentons au CÉNB ont indiqué dans notre top 10 de 2016 que l’absence de plan de développement économique constituait un obstacle majeur au développement de leur entreprise.

Dans l’ensemble, nous accueillons le Plan de croissance même si nous ne connaissons pas les indicateurs, les cibles et la stratégie de mise en place des mesures. En plus d’inviter le gouvernement à nous faire part de sa stratégie de mise en place des mesures, nous l’encourageons à porter une attention particulière aux points suivants afin d’assurer un environnement compétitif et propice à la réussite de nos entreprises.

Renforcer la formation de notre main-d’œuvre

Dans le but de renforcer notre main-d’œuvre, il est nécessaire d’assurer un meilleur alignement de l’offre de formation avec les besoins et les nouvelles réalités des individus, des entreprises et des communautés. Cet alignement se doit d’être articulé autour d’une économie axée sur le savoir et l’innovation, ce qui ultimement aidera à une meilleure rétention de la main-d’œuvre (qui est un autre défi majeur pour nos entreprises).

Dans le contexte actuel, nous croyons important d’ancrer une culture de l’apprentissage continue. À cet égard, nous devons également soutenir la formation continue en entreprise de nos travailleurs qui souhaitent accroître leurs compétences et qualifications afin de participer à la croissance et au développement de l’entreprise ou de s’adapter aux nouvelles réalités du marché du travail.

Développer une culture de l’innovation au Nouveau-Brunswick

Tout comme la formation, nous devons développer une culture de l’innovation au Nouveau-Brunswick. Selon une recherche effectuée par un économiste sur l’innovation dans le nord de la province, il y a malheureusement peu d’efforts de réalisés en recherche et développement. À la lecture du Plan de croissance, nous doutons «qu’élargir la Semaine de l’innovation» soit la seule mesure à prendre pour développer une culture de l’innovation dans l’ensemble de la province. Transiter d’une culture «réactionnelle ou d’imitation de la concurrence» vers une culture de l’innovation requiert des mesures concrètes telles qu’une meilleure connaissance des programmes reliés à l’innovation, une stabilité et présence en région des organismes d’aide à l’innovation et une main-d’œuvre qualifiée, compétente et capable d’innover.

Miser sur nos forces économiques

Nous sommes surpris que le potentiel économique de nos ressources naturelles ne soit pas envisagé dans les possibilités listées dans le Plan de croissance. C’est un potentiel à considérer dans une perspective de création de richesses et de revenus pour la province. Au CÉNB, nous avons toujours été d’avis que la province doit traiter ses ressources naturelles comme un levier de développement économique.

Se donner les moyens d’exceller

Nous avons été toutefois interpellés par deux composantes clés du Plan de croissance qui sont (a) le développement régional axé sur les possibilités et (b) la mise en œuvre d’un mandat de développement économique au sein de chaque ministère. Nous trouvons irritant d’entendre des termes tels que «plan de relance» lorsque l’on parle de l’économie des régions du nord de la province.

Nous avons très récemment discuté avec le gouvernement du besoin d’avoir en place un plan de croissance et non de relance. Notre économie a besoin de croître et non d’être relancée. De plus, il est important de travailler avec les leaders locaux sur les attributs des régions et leurs possibilités. Nous accueillons ainsi favorablement le concept de plan de développement économique régional axé sur l’élaboration d’attributs particuliers et de possibilités dans chaque région de la province.

Enfin, depuis plusieurs années, nous soulignons l’importance d’avoir un mandat de développement économique au sein de chaque ministère afin d’assurer le plein développement économique de la province. Un créneau dans lequel notre province excelle est celui de l’industrie de l’apprentissage d’une langue seconde.

En étant la seule province bilingue du Canada et de l’Amérique du Nord, le Nouveau-Brunswick a développé une expertise dans ce secteur. Le renforcement du bilinguisme et du fait francophone sont de forts atouts pour la province sur le plan de l’exportation interprovinciale et même internationale. Le Nouveau-Brunswick s’est naturellement positionné comme guichet unique pour les solutions d’affaires «Francophonie internationale» grâce à la langue, la localisation géographique et les origines de sa population. Nous détenons ici une nouvelle industrie d’exportation que le ministère de la Francophonie peut développer.

Robert Moreau, Président du conseil d’administration, Conseil économique du Nouveau-Brunswick inc. (CÉNB)