Où est le message d’accueil?

L’Église est selon ce que j’ai appris et ce que l’on m’a enseigné, une mère; toute mère écoute et accompagne ses enfants. Comment accepter cette position de droite, radicale de certains évêques de l’Ouest canadien, qui me font froid dans le dos?

Est-ce que la personne qui demande de mettre fin à sa douleur, à sa souffrance, est quelqu’un qui se suicide, ou encore quelqu’un qui participe à une démarche d’euthanasie ou de suicide assisté? Aucunement! L’aide médicale à mourir s’inscrit dans une démarche éthique d’accompagnement, pour un continuum de soins, idéalement au centre même d’une démarche palliative, pour celui ou celle qui souffre et n’en peut plus. Bannir la famille et la personne décédée, qui a fait appel à la médecine du mourir, c’est revenir aux années ou toute personne suicidée était enterrée à l’extérieur du cimetière paroissial.

J’inviterai ces évêques à revenir à leur humanité et à visiter les grands malades, à côtoyer la souffrance là ou parfois, retiré dans nos salons douillets, on se plaît comme des pharisiens, à appliquer des lois morales extérieures à la personne souffrante. J’en suis extrêmement déçu de cette rhétorique! Le pape François nous parle de l’Église comme devant être désormais un hôpital de campagne pour l’accompagnement, la miséricorde et le pardon. Il est dommage que la droite de l’Église continue à émettre de telles positions. Comme baptisé, je dis «non» à de telles positions qui s’opposent, à mon sens, au message chrétien de l’accueil et du non-jugement.

Dr Valois Robichaud, gérontologue, Shippagan