Un terme inclusif, s’il vous plaît!

Ceux et celles qui sont dans le secret des dieux savent que le poste de Graham Fraser, le commissaire aux langues officielles, sera bientôt vacant et que c’est le moment tant attendu pour exiger que son successeur soit Acadien ou Acadienne.

L’occasion est belle pour tous les organismes acadiens, dont la SANB, de faire du lobbying auprès de nos décideurs politiques afin qu’il y ait, pour une probable première fois, un commissaire aux langues portant l’étiquette acadienne. Si cette démarche de pression s’avère concluante, tous les Acadiens, qu’ils soient de laine pure ou «sombre», ne peuvent qu’en réjouir.

Entretemps, je nous propose de revoir les critères à remplir pour être Acadien afin de ne pas contracter le même virus du mal qu’on reproche à tous ceux et celles qui, de par leurs faits et gestes, avaient essayé d’exclure les Acadiens. Ce serait dommage que le vaillant et pacifique peuple acadien, jadis victime d’exclusion, adopte une démarche d’exclusion tacite, du point de vue linguistique.

Je comprends que le risque d’avoir un prochain commissaire d’origine ontarienne, québécoise, voire congolaise, serait élevé, si on remplaçait le terme «acadien» par «francophone». Cependant, en conservant le qualificatif «acadien», même si on y ajoute «francophone», ne serait-on pas en train de faire la promotion de deux communautés acadienne, dont l’une est de souche?

Je suis Acadien et je compte l’être toute ma vie, à condition qu’on ne s’obstine pas à me rappeler que ma laine acadienne n’est pas pure.

Jean Codjo, Moncton