Noël, fête de la consommation

La cause première de l’état alarmant où se trouve notre planète est la surconsommation. En faisant miroiter le rêve d’un mode de vie de plus en plus élevé, les sociétés incitent leurs membres à consommer toujours davantage, bien au-delà de leurs besoins et, souvent, de leurs moyens.

Le problème, c’est qu’une production accrue de biens exige une dépense, pour ne pas dire gaspillage, d’énergie et de ressources naturelles toujours grandissante, occasionnant ainsi la pollution de l’environnement à un rythme que le monde de l’industrie résiste à corriger. Au contraire, on multiplie les occasions d’incitation à la surconsommation dont le «Vendredi fou» et «l’Après-Noël» en sont probablement les exemples les plus éloquents. L’engouement populaire pour ces occasions de s’endetter m’est incompréhensible et suscite en moi une profonde tristesse.

De la Fête porteuse d’une profonde signification religieuse et de l’occasion de superbes et chaleureuses rencontres familiales, le monde du commerce a fait de Noël une course aux dépenses souvent inutiles et exagérées où succombent même les quelques consciencieux d’entre nous qui nous initiions graduellement à la simplicité volontaire. Pensons aux milliers de tonnes d’émissions de gaz polluants qu’occasionnent toutes ces courses, aux tonnes de déchets d’emballage et d’appareils usagés dont on se débarrassera pour les remplacer par ceux reçus en cadeaux, aux quantités énormes de ressources qu’on utilisera pour remplacer les produits achetés.

Et le plus grand tort se retrouve peut-être dans l’éducation que l’on donne ainsi aux enfants, aux attentes qu’on crée chez eux, à l’image de la société qu’on leur inculque, aux valeurs dont on les imprègne et qui les guideront plus tard dans leurs démarches d’adultes à jouer un rôle de citoyen responsable et à la recherche d’une vie heureuse.

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent