J’ai eu la bonne fortune d’être à Tracadie le 18 novembre dernier afin d’accepter les quelques 7000 signatures d’une pétition organisée par les membres du groupe Arrêtons les arrosages au Nouveau-Brunswick dont le but est d’arrêter les pulvérisations de glyphosate sur les terres de la Couronne du Nouveau-Brunswick. Cet herbicide est arrosé par des hélicoptères afin de tuer les bois durs et les arbustes qui poussent dans les plantations de bois mous.

En novembre dernier, le député de Restigouche Gilles LePage et moi-même avons présenté des pétitions à l’Assemblée législative pour mettre fin aux épandages d’herbicides, celle-là contenait les signatures de 13 000 Néo-Brunswickois. C’est donc dire que plus de 20 000 citoyens demandent la fin des arrosages d’herbicides comme pratique de gestion forestière subventionnée par la population.

Simplement regarder la carte du Nouveau-Brunswick montrant toutes les terres arrosées au glyphosate est troublant. Chaque année, les surfaces de terres aspergées de glyphosate par les grandes entreprises forestières, sans oublier celles qu’Énergie NB arrose sous ses lignes de transmission, recouvrent une surface plus grande que celle du grand Moncton, soit environ 30 000 hectares).

Le Nouveau-Brunswick fait partie des trois dernières provinces canadiennes qui s’obstinent à conserver cette pratique, sans tenir compte de nombreuses autres pétitions semblables à celle d’Arrêtons les arrosages au NB, et ce malgré les objections exprimées depuis longtemps par les résidents ruraux. Ces citoyens ont aussi le droit de vivre sans crainte pour leur bien-être ni pour celui de la faune qui habite nos forêts.

Des années de recherche ont confirmé nos inquiétudes concernant les impacts des pulvérisations d’herbicide sur la faune. Plus récemment, l’Organisation mondiale de la santé a modifié son appréciation du glyphosate comme étant un carcinogène possible à celle de carcinogène probable. Cela a soulevé beaucoup d’intérêt. Et c’est particulièrement chez ceux qui trouvent que notre province fait face à une épidémie de cancer.

L’industrie et certains responsables de l’administration maintiennent que les épandages sont inévitables. Après les activités massives de coupe à blanc, les arbustes de bois dur et de bois mou repoussent rapidement afin de conserver l’humidité du sol et afin de rétablir les conditions nécessaires pour que réapparaisse une nouvelle forêt. Toutefois, le type de forêt qui émerge naturellement ne contient pas un fort volume de conifères à croissance rapide, le type de bois que les grandes entreprises forestières recherchent pour leurs scieries. La solution ? Empoisonner les bois durs, pour que les conifères des plantations n’aient plus à faire face à la concurrence pour la lumière, l’eau et les nutriments de toutes les autres plantes et arbres qui se régénèrent naturellement.

C’est la gestion forestière qui est à la racine du problème : coupe à blanc massive, suivie d’une plantation de conifère, tout comme si l’on plantait des choux, et puis arrosages de la repousse de bois durs naturels comme si c’était des mauvaises herbes. Répéter et répéter encore. Voilà le cœur du problème.

Comme le comité spécial de l’Assemblée sur l’approvisionnement en bois l’a recommandé il y a des années, nous avons besoin de réduire d’une façon importante l’utilisation des coupes à blanc. Avec plus de coupes sélectives, nous obtiendrons une régénération naturelle plus désirable, et sans pulvérisation. L’abandon des coupes à blanc comme méthode d’exploitation préférée et ainsi l’utilisation des herbicides deviennent superflus.

Il est ironique que les recherches du professeur Charles Bourque démontrent que les conditions convenables de croissance des épinettes plantées par les grandes sociétés forestières vont disparaître sur une grande partie du Nouveau-Brunswick à cause des rapides changements climatiques. Pourtant plusieurs variétés de bois dur pourraient s’épanouir!

Depuis 2014, l’administration provinciale a permis aux compagnies forestières d’accroître leurs coupes à blanc afin qu’elles puissent couper 20 % plus de bois chaque année et qu’elles puissent aussi augmenter la surface de leurs plantations. Cela implique plus de pulvérisations de glyphosate. Si cela perdure, 25 % des forêts des terres de la Couronne seront remplacés par des plantations, c’est donc dire avec beaucoup d’épandages d’herbicides pour que ce soit possible.

Des dizaines de milliers de Néo-Brunswickois ruraux se sont exprimés comme étant contre les arrosages et contre les coupes à blanc frénétiques. Il est temps que notre administration provinciale fasse la même chose.

David Coon
Député pour Fredericton-Sud
Chef du Parti vert du N.-B.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle