Le pouvoir par l’intimidation?

La peur d’être soi-même est le titre de la plus récente chronique de Mathieu Lang, parue le 5 mai 2017. La chronique faisait état de l’intimidation dont a été victime une fillette de dix ans et ce, via internet. Ce dont est coupable cette dernière est son talent en chanson et le fait d’avoir probablement eu de culot de le montrer à l’émission télévisée La Voix Junior.

N’importe quel Canadien, obnubilé par une pseudo-fierté constante de prouver qu’il vit dans un pays de respects des droits de la personne, tomberait des nues en apprenant qu’il est possible de subir de l’intimidation au Canada à cause de son talent. Certes, les signes d’une telle forme d’intimidation ne courent pas les rues et c’est probablement ce qui nous donne le sentiment d’avoir fait d’énormes progrès dans la sensibilisation de la population à ce fléau qui semble faire partie de la nature humaine, même si on s’obstine à y croire.

L’intimidation n’est pas en soi le plus gros problème, puisque tout le monde s’entend pour la dénoncer, la combattre, l’éradiquer, etc. Le plus gros défi, c’est de reconnaître qu’on est tous, sans exception aucune, enclins à trouver quelqu’un à intimider. Le pire est qu’on ne s’en rend même pas compte. On dirait qu’on est accro au pouvoir, mais lequel? Le pouvoir sur les autres ou sur soi-même?

Pour le moment, les modèles et exemples auxquels les enfants sont quotidiennement confrontés semblent confirmer la thèse selon laquelle le pouvoir s’acquiert par le dénigrement des autres. On le remarque en politique, en famille, à l’école, etc. Est-on vraiment mal barré?

Jean Codjo
Moncton