Madeleine Meilleur doit partir

Madeleine Meilleur doit poser le geste honorable qui s’impose en pareille circonstance, soit celui de démissionner du poste de commissaire aux langues officielles qui vient de lui être offert.

Étant donné que le processus de sélection qui a mené à sa nomination est entaché d’irrégularités, si Mme Meilleur désire conserver sa crédibilité, à mon avis, elle n’a pas d’autre choix que celui d’offrir sa démission.

Elle pourrait démissionner définitivement ou encore de façon temporaire et poser sa candidature qui serait évaluée par un comité apolitique qui utiliserait les mêmes critères d’évaluation pour toutes les candidatures soumises afin de déterminer quelle personne serait la plus apte à remplir les fonctions de commissaire aux langues officielles.

À la suite de la controverse entourant sa nomination, Mme Meilleur se retrouvera bientôt dans une situation où elle n’aura ni l’appui ni la confiance de personne.

Si elle ne sort pas de ce bourbier, elle risque d’être éclaboussée de façon permanente.

D’une part, mercredi dernier, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a contredit le témoignage de Mme Meilleur selon lequel elle aurait parlé à deux proches conseillers du premier ministre Justin Trudeau pour leur exprimer son désir de devenir commissaire aux langues officielles.

D’autre part, les partis de l’opposition sont mécontents de ne pas avoir été consultés par le gouvernement au pouvoir dans le choix du commissaire aux langues officielles comme le voudrait la coutume.

De plus, la FCFA (Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada) réclame une rencontre avec Justin Trudeau afin de discuter du processus qui a mené au choix de Mme Meilleur comme commissaire aux langues officielles.

Qui plus est, le comité de sélection qui n‘avait pas encore arrêté son choix a été pris de court lorsqu’il a appris que le gouvernement avait retenu la candidature de Mme Meilleur comme commissaire aux langues officielles.

Si Mme Meilleur veut réellement servir les Canadiens comme elle l’affirme dans son témoignage, elle doit décliner l’invitation du gouvernement d’agir comme commissaire aux langues officielles.

Si elle accepte le poste et n’est pas désavouée par le gouvernement, elle aura perdu l’estime qui va de pair avec ce poste, si elle refuse le poste elle pourra partir la tête haute et conserver sa dignité,

Robert Thibault, Moncton