L’inconnu à éviter à tout prix

Jean Codjo,
Moncton

Encore une fois, la chronique éducative de Mathieu Lang du 2 juin nous rappelle l’un des fléaux qui gangrènent notre société dite moderne et encline à tout prévenir. À force de vouloir tout planifier, on finit par développer une obsession de la perfection, donc une intolérance à l’erreur, à l’échec, à l’inconnu, voire à la différence. Toute difficulté, aussi minime soit-elle, est perçue comme une entrave à l’évolution. Or, cette même évolution semble être perçue, à tort ou à raison, comme un processus linéaire. C’est comme si on devrait s’étonner de voir un apprenant se servir de l’encyclopédie pour ses recherches, au lieu de Google, pour la simple raison qu’on est en 2017, l’ère des outils numériques.

La chronique de Mathieu Lang met en exergue les conséquences possibles qui découlent de cette peur de l’erreur, en l’occurrence l’anxiété. Le comble, c’est qu’on en a fait une norme sociale: l’absence d’échec. Comment peut-on faire preuve de résilience, si on n’est jamais confronté à composer avec l’échec?

Ce qui est davantage désolant à notre ère, c’est le fait qu’on soit capable d’identifier la source d’un problème qu’on éprouve parfois le plaisir d’entretenir. Si on sait ce qui rend anxieux, pourquoi ne pas l’éradiquer?