Madeleine Meilleur, une nomination strictement politique?

En lisant les journaux anglophones et francophones, depuis un certain temps, on se rend compte qu’il y là un intérêt fort prononcé pour le poste de Commissaire aux Langues officielles.

D’abord, il y a eu une lacune assez grave de la part de notre premier ministre qui n’a pas suivi les procédures habituelles et établies. Au lieu d’annoncer son intention de nommer madame Madeleine Meilleur aux chefs des différents partis politiques, il aurait dû d’abord les consulter.

Comme bien d’autres, j’aurais souhaité que le poste fût accordé à maître Michel Doucet pour sa compétence et son ardeur à défendre les intérêts des francophones. Ayant lu avec passion ses écrits dans les journaux, ses ouvrages et surtout le dernier, Les droits linguistiques, une véritable bible, comme disait Charles Aznavour, je le voyais déjà!

Dans les journaux anglophones et ailleurs, on soutient que madame Meilleure n’a pas la compétence nécessaire pour occuper ce poste et qu’en plus de cela, elle ne pourra pas être neutre dans ses décisions parce que trop teintée libérale. Là, j’ai de la difficulté à adhérer à ce genre d’arguments. Qui sommes-nous pour juger sa compétence sans avoir participé aux longues démarches de sélection? Ou encore, faut-il donc refuser d’embaucher des gens qui ont un passé politique? Ce serait une discrimination.

Dans toute cette malencontreuse affaire, je considère que madame Meilleure est devenue une victime comme il se peut que les autres candidats qui n’ont pas eu le poste se voient ainsi. Doit-elle renoncer à ce poste parce qu’elle a entrepris des démarches politiques ou parce qu’elle était autrefois une politicienne de l’Ontario? À ces questions, je réponds catégoriquement par la négative.

Quand monsieur Justin Trudeau au Canada et le président Emmanuel Macron en France ont nommé un nombre égal de femmes et d’hommes au Cabinet, ils ont fait de la politique. Peut-être que cette fois il a été jugé de pratiquer l’alternance et reconnaître aussi la compétence des femmes comme Commissaire aux Langues officielles. Après tout, nous sommes en 2017!

Pardonnez-moi si je me permets de vous raconter une petite anecdote personnelle. Quand, pendant près de 26 ans, j’occupais le poste de la direction générale des districts scolaires dans le comté de Kent, je recommandais à mes supérieurs les personnes que je croyais être les plus aptes à remplir les exigences des postes annoncés. À bien y réfléchir, je crois fermement que les gens ayant participé cette fois au processus ont dû en faire autant que celui qui écrit ces lignes!

Alcide F. LeBlanc, Moncton