Nier le principe d’égalité

Le ministre Donald Arseneault a annoncé récemment que la province n’imposerait pas le bilinguisme obligatoire à un poste de haut fonctionnaire, que la compétence des candidats était plus importante que la capacité de communiquer dans les deux langues officielles.

En opposant «compétence» et «bilinguisme», le gouvernement Gallant crée un faux débat. Pouvoir fonctionner dans les deux langues officielles de la province est précisément une des compétences les plus essentielles parmi toutes celles dont devrait faire preuve tout haut fonctionnaire. Je vois là pour le gouvernement une façon déguisée de contourner son obligation d’imposer le principe d’égalité des deux communautés linguistiques au Nouveau-Brunswick. La Cour suprême du Canada a qualifié «d’atermoiements» les arguments non fondés de certaines provinces qui tentent de se dérober à leurs responsabilités constitutionnelles. L’argument du ministre Arseneault serait lui aussi balayé du revers de la main si la cause était portée devant le tribunal suprême.

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent