Le peuple acadien encore oublié

Faut-il toujours se battre, même en ce 1er juillet du 150e de la Confédération, pour seulement avoir eu le droit d’exister dans l’histoire de notre pays!

Ce matin, toute heureuse de célébrer la fête du Canada, on se rassemble, à notre Club des 50+ de Bas-Caraquet et Pokesudie, autour d’un brunch communautaire organisé par notre Municipalité et nos vaillant(e)s bénévoles du Club des 50+. Notre député fédéral, Serge Cormier, était de la fête et a pris le temps, malgré son horaire chargé, de venir nous saluer et célébrer avec nous.

Alors tout était merveilleux jusqu’à ce que je tombe sur le numéro spécial 2017 de Histoire Canada Jeunesse, Navigue dans l’histoire du Canada KAYAK, de la Société Histoire Canada. À mon grand étonnement, rien sur l’île Sainte-Croix reconnue par le gouvernement canadien comme le premier établissement français en terre d’Amérique et la fondation de l’Acadie en 1604; rien sur la déportation des Acadiens; rien sur la reconnaissance du gouvernement canadien des torts causés aux Acadiens lors de la déportation; rien non plus sur l’absence des Acadiens lors des négociations des pères de la Confédération, bien que les auteurs ont fait un effort remarquable d’identifier les peuples qui y étaient exclus. Pourquoi faut-il toujours être les oubliés dans ce beau pays pour lequel nous avons fièrement contribué à édifier comme un des deux peuples fondateurs francophones du Canada?

Est-il si difficile aujourd’hui, pour une si prestigieuse organisation qu’est la Société Histoire Canada, de faire des recherches de base pour avoir ces faits correctement? Elle reçoit pourtant des subventions du gouvernement canadien et de plusieurs fondations importantes, dont celle de La Baie d’Hudson. Voilà encore une fois qu’une grande institution nous a failli, pas seulement l’Acadie, mais aussi le Canada. Elle a raté ce rendez-vous avec l’histoire de montrer que l’Acadie est un exemple cité partout dans le monde, ne serait-ce lors des Sommets de la Francophonie, comme un modèle de peuple tolérant et accueillant qui aurait dû disparaître, mais qui a survécu, qui s’est épanouie dans le modèle canadien et que par sa seule présence témoigne des valeurs canadiennes, si chères à nous tous, symbolisant le courage, le pardon, la réconciliation, la tolérance, l’accueil, l’intégration, l’ouverture aux autres et aux différences.

À quand une Société Histoire Acadie?

Lucie LeBouthillier
Bas-Caraquet