Dialogue avec la langue française

Si la langue française avait pu répondre à ma lettre du 11 août dernier dans Mon opinion, elle m’aurait peut-être répondu ainsi:

«Si j’ai mis du temps à répondre à ta lettre du 11 août dernier dans la section Mon opinion de l’Acadie Nouvelle, c’est parce que je suis toujours émue et bouleversée par toutes ces démonstrations d’amour exprimées par un grand nombre d’Acadiens, d’Acadiennes et de francophones de partout lors de la fête de l’Acadie, ce 15 août.

«La teneur de tes propos dans ton article m’a profondément touchée notamment quand tu écris que c’est aussi “ma fête qu’on célébrera le 15 août parce que c’est en grande partie à cause de moi si vous êtes toujours là.”

«Si c’est bien le cas, je ne peux que rêver que ces moments de grâce qui m’habitent suite à ces fêtes grandioses du 15 août puissent nourrir nos espoirs de voir toutes ces personnes m’accorder une place de choix dans leur vie de tous les jours, et ce, 365 jours par année.

«Il n’existe aucun doute dans mon esprit que vous êtes fières de vos origines acadiennes et que vous avez une culture vibrante, dynamique et qui fait l’envie de bien des gens. Vous l’affirmez vigoureusement et je le constate de plus en plus chaque année.

«Pourtant, une fois la fête terminée, j’ai des doutes parfois sur le traitement qu’on me réserve. Par exemple, les gouvernements ne m’accordent pas toujours le respect de langue officielle au Nouveau-Brunswick et plusieurs doivent encore leur rappeler leur rôle pour que je ne perde pas du terrain et faire en sorte que vos enfants continuent à m’aimer et m’utiliser dans leurs communications que ce soit dans les médias sociaux, dans leurs relations avec les autres ou dans les services offerts aux gens de cette province.

«En terminant, j’ai une faveur à vous demander: pouvez-vous insister auprès des entreprises pour qu’elles s’assurent d’une offre active en français pour que ses clients n’aient pas à se sentir comme des citoyennes et citoyens de deuxième classe dans une province qui se targue d’être officiellement bilingue au Canada. Vous pourriez devenir un modèle pour les autres francophones au pays qui vivent dans des provinces et territoires majoritairement anglophones. Finalement, je vous remercie de votre lettre qui m’a rassurée de votre amour à mon égard.»

Jeanne d’Arc Gaudet
Moncton