Les personnes âgées et le vivre chez soi

J’avoue être très inquiet alors que je découvre le projet du ministre de la Santé, Victor Boudreau, de confier à Médavie les services de l’extra-mural, en lien bien sûr avec la réalité des personnes âgées de la province.

Quelles sont les motivations du ministre? Les partenaires actuels, c’est-à-dire le réseau santé Vitalité, les porte-parole de l’extra-mural, les représentants de l’association des aînés de la province s’opposent au projet et pour cause. N’y a-t-il pas lieu ici de regarder à nouveau ce projet de privatisation d’un des secteurs névralgiques entourant la condition des aînés au Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement actuel n’a-t-il pas l’intérêt à travailler avec les partenaires actuels, à même les réseaux existants au sein des collectivités et des communautés pour promouvoir les services primaires à l’endroit des personnes âgées, en reconnaissant justement la formation et les salaires des auxiliaires en soins gériatriques. Il faut avoir vécu l’expérience quotidienne d’offrir le bain, de préparer les repas, d’accompagner la personne âgée pendant la nuit, comme faisant partie d’une approche globale centrée sur la personne. Est-ce que le service privé peut garantir cette approche?

Il nous faut garantir le service dans la langue de la personne, là où elle habite, autant dans les régions rurales et urbaines. Il nous faut décentraliser les services, les interventions pour adopter l’approche centrée sur la personne, avec tout ce que cela suppose comme qualité d’intervention, d’accompagnement pour que l’aîné puisse vivre au sein de sa collectivité, en solidarité avec les amis, les connaissances, créant ainsi une véritable solidarité.

Le ministère de la Santé, aurait intérêt à rejoindre les collèges communautaires de la province pour subventionner de nouvelles formations d’appoint en vue de recruter et de former des candidats pour de nouvelles carrières en santé gériatrique communautaire, car la réalité nous rejoint, notre population vieillissante, en demeurant chez elle, facilite déjà les deux préoccupations du ministère; la diminution des urgences et la diminution des hospitalisations.

En terminant, je pense qu’il faut refaire les devoirs, en prenant en considération non pas seulement les indicateurs de rendement, mais que les services primaires seront disponibles dans la langue de la personne où qu’elle vive dans la province, en bénéficiant également des services bénévoles communautaires auprès des municipalités. C’est à mon sens, la voie que devrait emprunter notre ministère de la santé.

Valois Robichaud, PhD
Gérontologue, auteur et conférencier (Shippagan)