Le programme extra-mural, et puis, après?

Cecile Cassista,
Riverview

L’annonce de l’ancien ministre de la Santé Victor Boudreau voulant que le programme extra-mural soit déplacé vers le secteur privé m’a profondément choquée. Si cela n’est pas un sens unique vers la privatisation, qu’est-ce vraiment? Habituellement, lorsqu’un gouvernement agit ainsi, il se sert d’arguments tels que: c’est pour une meilleure qualité de soins et/ou par économie. Pourtant, selon le ministre, les soins vont coûter plus cher. Et si Medavie, la compagnie qui administrera le programme, répond à certains critères fondés sur le rendement, elle va recevoir annuellement 4,4 millions $. Et d’où viendra l’argent? Pour ce qui est de la qualité, le ministre n’a rassuré personne.

Le programme extra-mural, selon plusieurs, fonctionne bien. Pourquoi faut-il le privatiser? Y a-t-il anguille sous roche? Les citoyens peuvent questionner un service public, mais le secteur privé ne leur est pas redevable. Ils paient des taxes et attendent en retour des services publics de qualité notamment dans le domaine de la santé. Veulent-ils vraiment perdre le contrôle de certains secteurs de la santé? L’extra-mural, et puis après?

Rien de la campagne libérale ne laissait entrevoir une telle mesure. Il n’y a même pas eu de débat autour de la question. L’Opposition ne s’est pas fait attendre. Des efforts concertés doivent se poursuivre dans ce sens. Réseaux de santé, associations de personnes âgées, syndicats, professionnels de la santé, partis d’opposition et autres doivent s’unir et combattre ce coup terrible.

Je suis d’accord avec Donald Savoie, de la Chaire de recherche en administration publique de l’Université de Moncton qui dit à cet égard qu’un tel arrangement «en dit long sur la capacité d’un gouvernement de fournir des services».