Le gouvernement, incapable de gérer efficacement les services publics?

Le débat entourant la décision du gouvernement Gallant de confier la gestion des Programmes extra-mural et télé-soins à la firme Medavie-Croix-Bleue soulève des préoccupations qui s’étendent au-delà des services visés.

La communauté francophone a bien raison de s’inquiéter de la qualité des services en français qui seront offerts devant les nombreux exemples de manquements à ce chapitre dans la livraison des services par Ambulance Nouveau-Brunswick, un secteur déjà confié à la gestion de Médavie.

Le gouvernement affirme que la privatisation de ces secteurs des services est nécessaire pour atteindre une meilleure qualité à meilleur prix. Est-ce un aveu de la part du gouvernement de son incapacité de gérer efficacement les services publics? Car il faut reconnaître que les principes d’une saine gestion administrative ne s’appliquent pas uniquement dans le domaine de la santé, mais dans tous les domaines des services publics.

À quand la privatisation des secteurs du Transport et des infrastructures, de la Justice et de la sécurité publique, de l’application de la Loi sur les langues officielles? Ceux des Ressources naturelles et de l’Éducation? Risque-t-on de voir bientôt Énergie Nouveau-Brunswick passer d’une Société de la Couronne à une Société privée? Songe-t-on à confier la gestion du Trésor public à une firme comptable? Et alors, à quoi servirait le gouvernement provincial?

Doit-on entrevoir une ère prochaine où les électeurs qui se présenteront aux urnes lors des élections provinciales devront choisir entre les députés de Médavie et de deux ou trois autres firmes du genre qui voudront se tailler une part du gâteau en offrant, comme plate-forme électorale, leur philosophie administrative des services publics?

Mon imagination doit faire des siennes. Pour le moment, j’ai l’impression que les citoyens gardent toujours espoir d’avoir élu un gouvernement compétent qui est capable de gérer lui-même leurs biens dans leur intérêt primordial.

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent