Privatisation: la supposée neutralité du CCNB

Après avoir accepté qu’un groupe d’opposants à la privatisation des services de santé se réunisse au CCNB de Dieppe pour expliquer au public sa position, voilà que le CCNB est revenu sur sa décision à la dernière minute, refusant que la rencontre ait lieu sous prétexte qu’il lui était interdit d’accepter que ses locaux soient loués à des groupes ayant une position politique.

Si le ministre de la Santé et le PDG de Medavie avaient voulu louer la même salle pour expliquer les avantages de la privatisation des services de santé, leur aurait-on fermé la porte au nez sous prétexte que les organisateurs de la rencontre avaient une position politique? Pourtant, c’est clairement le cas, comme on a pu le constater lorsqu’ils sont venus essayer de vendre leur salade aux gens du Grand Moncton le mois dernier. Le CCNB n’aurait jamais osé fermer la porte au ministre. Pourtant, sa position politique est clairement en faveur de la privatisation.

Un groupe est contre la privatisation, donc il a une position politique; l’autre groupe est en faveur de la privatisation, mais il n’a pas de position politique? Bizarre, très, très bizarre. La «neutralité» politique du CCNB serait-elle quelque peu teintée de rouge? Et la démocratie dans tout cela? Le CCNB est-il incapable d’accepter que des gens expriment une opinion contraire à celle du gouvernement en place? Sommes-nous rendus dans une dictature? C’est le temps qu’on se réveille!

Bernadette Landry
Grand-Barachois