Qui prendra soin de vous et de vos proches?

Le secteur des soins communautaire est en crise au Nouveau-Brunswick et il faut que le gouvernement provincial y fasse des investissements dans son prochain budget.

Les quelque 12 000 travailleuses et travailleurs du secteur des soins communautaires gagnent, en moyenne, 12$ à 15$ l’heure, bien souvent sans avantages sociaux ni régime de retraite. Leur salaire figure parmi les plus bas au pays dans ce secteur. Par exemple, une travailleuse de soutien à domicile gagne environ 13,45$ l’heure, comparativement à 17,62$ en Nouvelle-Écosse, 15,50$ en Ontario et entre 17$ et 20$ au Manitoba.

Ces personnes, en grande partie des femmes, œuvrent dans les services de soutien à domicile, les résidences communautaires, les foyers de soins spéciaux, les services à la famille et les agences ADAPF. Ces services sont, à divers degrés, financés et réglementés par le gouvernement provincial et ils jouent tous un rôle essentiel dans notre province.

Les travailleuses doivent généralement obtenir une certaine formation postsecondaire. Elles fournissent des soins professionnels et personnels, des soins de santé, une protection et des occasions d’interactions sociales aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Les conditions de travail dans le secteur de prestations de soins exigent beaucoup d’efforts sur le plan physique et mental.

Une recherche démontre que pour les compétences, les responsabilités, les efforts et les conditions de travail, un salaire équitable se situait plutôt à 20$ l’heure en 2012. Il est clair que ces emplois à prédominance féminine sont sous-valorisés. Comparons simplement au salaire moyen des camionneurs au Nouveau-Brunswick: 19,47$ l’heure.

La situation est si grave que les travailleuses du secteur des soins vivent en situation de pauvreté et doivent souvent avoir deux ou trois emplois pour subvenir à leurs besoins de base. Cela crée également un problème de recrutement et de rétention d’employées dans le secteur. Le manque d’employées affecte, indéniablement, la qualité et la continuité des services que reçoivent nos aînés et nos personnes handicapées.

Le prochain budget provincial doit prioriser des investissements dans les salaires des travailleuses de soins pour s’assurer que les soins nécessaires soient disponibles pour tous les Néo-Brunswickois qui en ont besoin. Non seulement ces investissements sont-ils indispensables pour assurer les services, mais aussi permettraient de sortir les travailleuses de la pauvreté, d’établir une stabilité dans le secteur, de faire croître l’économie locale et amélioreraient la qualité des services.

Nos aînés et nos personnes handicapées méritent des services de qualité lorsqu’ils en ont besoin. Les travailleuses qui procurent ces services méritent un salaire équitable pour vivre correctement. Parlez-en à vos députés et exigez des investissements pour les salaires dans le secteur des soins communautaires lors du prochain budget. C’est le temps de passer à l’action!

Frances LeBlanc
Présidente de la Coalition pour l’équité salariale du Nouveau-Brunswick