La campagne se vide

Au début de l’hiver 2009, ma conjointe et moi avons décidé de nous installer dans le comté de Kent, à Saint-Maurice. Le printemps suivant marqua de début de notre entreprise agricole.

Nous avons choisi d’offrir des paniers bio avec la formule de l’Agriculture Soutenue par la Communauté. C’est un système où le client (nous préférons le terme partenaire) achète une part de la récolte au printemps pour ensuite recevoir un panier de fruits et légumes biologiques pendant l’été et l’automne. C’est un geste solidaire et vital pour notre ferme, car ça nous évite d’emprunter de grosses sommes d’argent pour acheter les semences, fertilisant, salaire, etc.

Depuis huit ans, notre région a perdu la caisse populaire, la ferme expérimentale et on parle toujours de la fermeture de l’école de nos enfants à chaque quatre ans. La campagne se vide et vieillit à un rythme qui fait peur.

Plus les consommateurs achèteront de produits locaux, plus le nombre de fermes augmentera dans nos régions rurales, et par le fait même, fera croître le nombre de familles vivant dans nos belles campagnes.

La prochaine fois que vous achèterez de la nourriture, demandez-vous à qui va l’argent que vous donnez pour vous nourrir. Des multinationales, des middle men exploitant le terme local ou des fermiers? Questionnez toujours la provenance de votre nourriture et les pratiques culturales utilisées pour la produire.

Alain Rousselle
Président, Ferme Alva Farm, Saint-Maurice