Le passé garant de l’avenir

Lettre ouverte au ministre de la Santé et au PDG de Medavie. Messieurs, vous avez le don de faire monter ma pression. En lisant votre texte dans L’Acadie Nouvelle, je n’en revenais pas des affirmations gratuites qu’il contenait.

Vous prétendez pouvoir réduire les taux d’hospitalisation en regroupant les services d’ambulance, de Télé-Soins et d’extra-mural. Comment? En faisant des miracles? En refusant de répondre aux besoins des patients?

Medavie se prend pour un sauveur. Pourtant son service d’ambulance n’a pas pu répondre à 14 000 appels d’urgence au cours des trois dernières années, faute de personnel. Ce n’est pas inquiétant, ça? Avant, ce service était gratuit. Maintenant, il faut payer pour se rendre à l’hôpital en ambulance. Pourtant, avec nos taxes, nous payons déjà 100 millions $ par année à Medavie pour assurer ce service. Mais les 100 millions $ ne suffisent pas à Medavie, qui a soif d’argent, de beaucoup d’argent. Quant au service en français, on repassera. Quand j’ai fait une crise cardiaque, l’année dernière, dans l’ambulance qui m’a amené à l’hôpital Dumont, on ne parlait pas français. Dans l’ambulance qui m’a amené à l’hôpital de Saint-Jean non plus.

Si le passé ressemble à l’avenir, c’est aussi ce qui risque d’arriver avec l’extra-mural: de nombreux infirmiers et infirmières vont quitter l’extra-mural pour chercher du travail ailleurs, où elles auront moins à courir d’un patient à l’autre pour assurer «l’efficacité» du service. Résultat: Medavie va avoir une pénurie de personnel compétent et ne pourra plus répondre à la demande. Faute de personnel qualifié, à qui va-t-on demander d’évaluer l’état de santé des patients, de changer leurs pansements, de leur donner des injections, de répondre à leurs questions et inquiétudes concernant leur état de santé, etc.?

Vous prétendez pouvoir réduire le taux d’hospitalisation des personnes qui attendent une place dans un foyer de soins. Vous ne savez pas que ces personnes ne sont malheureusement plus assez autonomes pour retourner chez elles en toute sécurité? Vous voulez qu’elles y retournent pour les laisser se blesser ou crever toutes seules? Vous allez faire payer les patients pour chaque visite de l’extra-mural? En plus de voler des millions et des millions de dollars de nos taxes pour vous payer de gros salaires?

Monsieur Bourque, vous dites que vous voulez faire équipe avec nous, alors montrez-nous que vous avez des oreilles et du cœur. Écoutez les craintes de la population du Nouveau-Brunswick. Prenez le temps d’étudier sérieusement les conséquences du contrat que vous vous apprêtez à signer aveuglément avec Medavie. Si vous signez, ça risque de nous coûter très, très cher, pas seulement financièrement, mais sur le plan de la qualité des services de santé aussi. Nous n’avons pas les moyens de signer ce contrat.

Bernadette Landry
Grand-Barachois