L’acte médical à domicile ou les soins privés de Medavie

Le patient admis à l’hôpital extra-mural est référé par un médecin de la même façon qu’il le serait dans un hôpital public. Les ordonnances médicales demeurent essentiellement les mêmes que dans le système public. Ce sont des soins essentiels, universels et qui respectent un droit fondamental pour les francophones du système de santé publique à travers le Canada.

Le Programme extra-mural, qui est basé sur le système de santé de la Nouvelle-Zélande, répond aux besoins médicaux des régions rurales éloignées des centres urbains et dont la géographie représente une similarité avec la province du Nouveau-Brunswick.

Le patient de l’extra-mural reçoit les mêmes attentions que s’il était admis dans un hôpital public sous les soins d’un médecin, des infirmières immatriculées et des paramédicaux.

Une compagnie privée (Medavie), qui administre des soins, ne peut pas dispenser des ordonnances médicales qui relèvent des médecins, puisqu’elle n’a pas la formation et l’expérience et ne peut pas administrer des soins d’ordre médical tels que les injections par intraveineuse, les solutés, l’ablation de sutures, de même que les services de physiothérapie (prothèses), d’inhalothérapie pour les ordonnances de médicaments et les effets sur la condition du patient.

Les soins dispensés par Medavie seront uniquement des soins de base: bains, alimentation, transport, etc. Ces soins sont nettement inférieurs aux soins promulgués par une infirmière spécialisée en soins palliatifs, par exemple.

On se demande alors pourquoi certains médecins sont favorables à la privatisation alors que les lits d’hôpitaux sont remplis et que les urgences débordent dans les hôpitaux. Le Programme extra-mural remplit ce mandat en évitant les hospitalisations et les services d’urgence. L’extra-mural assure les suivis aux médecins pour ces patients par des communications régulières concernant le progrès de ces mêmes patients. Il y a une continuité dans les soins.

Voici ce que les citoyens du Nouveau-Brunswick subiront si la loi de privatisation des soins du Programme extra-mural est signée le premier janvier 2018. Sommes-nous prêts à assumer cette situation déplorable dans les soins de santé à un coût beaucoup plus élevé pour une période de dix ans?

Le temps presse et le silence de nos députés et ministres nous laisse perplexes. Le temps est venu d’agir!

Claire Robichaud (Richibucto)
Ancienne coordinatrice d’unité du Programme extra-mural