Le pardon

Deux lettres récentes m’ont vraiment fait réfléchir.

Le mercredi 20 décembre, l’Acadie Nouvelle publiait trois lettres dont deux m’ont vraiment réveillé la conscience.

D’abord, je veux brièvement commenter la lettre signée par Léo Cormier, de Dieppe. Il parle du pardon. J’y vois dans cette réflexion un message de paix et de bonté. Qui n’a pas besoin de pardonner? Qui n’a jamais commis d’erreurs dans sa vie? Ne pas pouvoir pardonner les fautes des autres, c’est en quelque sorte se plonger dans une sorte de prison infernale. D’ailleurs, à quoi sert réciter la prière Notre Père lorsqu’on demande à Dieu de nous pardonner comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés?

Au moment d’écrire ces quelques lignes, je pense à la réponse qu’a donnée le pape François alors qu’un journaliste lui posait peut-être un piège comme le faisaient autrefois les pharisiens au temps de Jésus. «Qui êtes-vous?». Le Saint-Père a instamment répondu: «Je suis un pécheur.» Si cet homme se considère pécheur, je crois l’être moi aussi et bien d’autres avec moi!

Je crois donc que demander un sincère pardon à la personne qu’on a blessée est l’un des gestes libérateurs. Et la personne, à son tour, qui pardonne a bien plus de chance de recevoir le même traitement et de vivre en paix.

La seconde lettre qui m’a tout autant interpellé est celle de Ronnie-Gilles LeBlanc, de Trois-Ruisseaux. Ses propos portaient sur le père Camille Léger, ancien curé de Cap-Pelé. Je ne blâme aucunement les personnes qui ont dénoncé les gestes dont elles ont été victimes. La seule chose qui me tracasse et qui me laisse songeur, c’est le nombre de plaintes. Sont-elles toutes fondées?

Si l’on donne 200 000$ à une victime, est-ce que, par la suite, cette victime est guérie sans être capable de pardonner son bourreau? Sincèrement, je ne crois pas que l’argent versé aux victimes a nécessairement contribué à guérir ou soulager leurs réelles souffrances. Une autre solution aurait peut-être été préférable.