Le choc des idées

«Du choc des idées jaillit la lumière» se plait-on à déclamer. Cette image me rappelle l’utilisation du silex pour produire des étincelles servant à allumer un feu.

Il ne faut pas craindre le questionnement, les critiques et les discours dérangeants dans tous les domaines de l’activité humaine; c’est ainsi que jaillit la lumière qui permet à une civilisation d’éclairer son cheminement, de choisir avec discernement le sentier des valeurs pérennes.

Tout récemment, le journaliste Pascal Raiche-Nogue s’interrogeait sur l’avenir de la SANB, allant jusqu’à soulever le doute de sa pertinence. Le président de l’organisme, Joey Couturier, s’est porté à sa défense en tentant de justifier la confiance qu’il y voue. Je souhaite que ce débat prenne de l’ampleur.

Que la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick favorise l’un ou l’autre des points de vue importe probablement moins que le fait de nourrir ce débat de société pour qu’on en ressorte tous mieux éclairés et mieux outillés à aborder les enjeux cruciaux qui nous incombent.

Une chose m’apparaît claire: l’Acadie a besoin d’un porte-parole légitime et crédible en qui elle a confiance en matière de promotion et de défense de ses droits linguistiques. La survivance de sa culture en dépend.

L’efficacité d’un organisme à jouer ce rôle repose sur l’appui que celui-ci reçoit de la communauté et de l’engagement individuel de ses membres dans les dossiers ciblés. Ainsi, le rendement de l’organisme se mesure en fonction de la confiance que lui manifeste explicitement la communauté qui l’a mandaté.

Au lieu d’attendre que la SANB, ou tout autre organisme qui la replacerait, élimine les embûches et favorise le plein épanouissement de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick, c’est la communauté elle-même qui doit donner à cet outil porte-parole l’affûtage requis pour accomplir efficacement sa tâche.

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent