Une loterie pour l’Acadie Nouvelle?

J’ai lu avec beaucoup d’appréhension la lettre ouverte adressée à Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien, signée par Clarence LeBreton, président du conseil d’administration, et Francis Sonier, éditeur du journal, le samedi 13 janvier, dont il fut mention au Téléjournal Acadie de Radio-Canada le 19 janvier.

Vos propos sont à point et vous exposez une situation alarmante, non seulement pour l’Acadie Nouvelle, mais aussi pour l’ensemble des journaux communautaires. Le hic, c’est que Mme Joly n’a aucun pouvoir, outre celui de suivre à la lettre la politique de Justin Trudeau. Je sais, et vous le savez aussi, au même titre que ceux et celles qui suivent l’actualité politique fédérale, que l’orientation et la philosophie de M. Trudeau ne cadrent pas du tout avec la presse en général. La publicité du gouvernement favorise, comme vous le mentionnez avec raison, les géants américains tels Google et Facebook, des entreprises qui ne paient ni taxes ni impôts au Canada.

Dans une entrevue avec la journaliste Sarah Bélisle (Journal de Montréal, NDLR), publiée le 20 janvier, M. Trudeau dit que le Québec n’a pas besoin de protection dans l’entente avec Netflix, que la province est capable de gérer ses propres productions et qu’elle n’a pas besoin d’aide spéciale. La journaliste ajoute que l’accord a été taillé en pièces, mais que cela n’a rien changé.

Voilà pourquoi j’ai beaucoup d’appréhension envers la philosophie des libéraux pour les Canadiens et l’aide qu’ils peuvent apporter à notre journal.

La situation des journaux est précaire. Le manque de publicité nationale est catastrophique, particulièrement pour le quotidien l’Acadie Nouvelle.

Je vous propose candidement une solution qui peut vous rapporter facilement beaucoup d’argent par semaine. C’est une formule populaire, gagnante et acceptée par tous. La formule du 50/50. Vous avez 15 000 abonnés qui payent par carte de crédit. Un petit 2$ par semaine équivaut à 30 000$ par semaine. Divisé par deux, c’est 15 000$ dans les coffres du journal. Peu importe le montant, il sera un plus pour le journal et un plus pour les gagnants. Oubliez Justin Trudeau et Mélanie Joly. Pour la population acadienne, la fermeture du journal serait la pire des faillites. Les employées ne peuvent pas travailler continuellement avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Pensez-y sérieusement.

Isidore Dugas
Caraquet