Oncologie: Vitalité s’explique

Le Réseau de santé Vitalité vise les plus hautes normes de qualité et de sécurité des soins aux patients. Le personnel et les médecins partagent ce souci.

C’est dans cet ordre d’idées que nous nous conformons, en matière de soins en oncologie, aux normes de la BC Cancer Agency pour la certification de notre personnel et à celles de l’Association nationale des organismes de réglementation de la pharmacie pour le transport des médicaments. Tout cela est fait, et nous ne le répéterons jamais assez, dans le but d’assurer des soins de qualité et sécuritaires.

Cela nous amène à discuter de notre décision de l’automne 2017 de mettre fin aux services des cliniques d’oncologie à l’Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Saint-Quentin et à l’Hôpital général de Grand-Sault. Cette importante décision, bien qu’il s’agisse d’une décision controversée dont l’impopularité était prévisible, était et est encore aujourd’hui basée sur des faits et des analyses approfondies.

Après l’intervention de groupes communautaires et du ministère de la Santé, un compromis a été trouvé l’automne dernier: le service local sera maintenu, mais assuré par les infirmières basées à Edmundston qui se déplaceront à Grand-Sault et à Saint-Quentin pour administrer les traitements. Cette nouvelle façon de faire permettra à ces infirmières, en raison du grand nombre de traitements qu’elles administrent par année, de maintenir leurs compétences. Le ministère de la Santé a accordé un poste supplémentaire à la fin 2017 pour qu’il soit possible de mettre en œuvre cette solution. Le processus d’embauche et d’orientation suit son cours.

Cela étant dit, devant les interventions publiques répétées de certains intervenants, nous profitons de cette tribune afin d’expliquer directement à la population les facteurs concrets qui ont été pris en considération lors de cette décision.

Pour maintenir ses compétences selon les normes de la BC Cancer Agency, toute infirmière immatriculée doit, entre autres, administrer au moins 50 traitements de chimiothérapie par année. Or, les données pour l’établissement de Saint-Quentin sont probantes: d’avril 2016 à mars 2017, 43 traitements ont été administrés par l’ensemble de l’équipe en place. Quant à celle de Grand-Sault, pour la même période, elle a administré 143 traitements aux patients.

Le principal défi pour ces établissements est de pouvoir permettre à plus d’une infirmière de maintenir ses compétences afin d’assurer le fonctionnement sécuritaire d’une clinique d’oncologie et de composer avec les congés auxquels le personnel a droit. Le Réseau a donc choisi d’offrir ces services par le biais d’une équipe d’infirmières répondant beaucoup plus aux exigences minimales de pratique. De ce fait, nous voulons nous assurer que chacune d’entre elles développe, par le biais d’une exposition constante aux différents traitements oncologiques actuels, une expertise solide.

Enfin, il y a eu plusieurs tentatives de comparaison entre Grand-Sault et Saint-Quentin et l’Hôpital de l’Enfant-Jésus RHSJ† de Caraquet afin de justifier le maintien des soins en oncologie. Les principaux arguments qui ont été soulevés sont la taille de l’établissement et l’étendue du territoire où les services sont offerts. À Caraquet, 1143 traitements ont été administrés en 2016-2017 et les médicaments sont préparés sur place. Les comparaisons ne tiennent donc pas.

Puisqu’il n’y a pas de pharmacien en fonction à l’Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Saint-Quentin et à l’Hôpital général de Grand-Sault, les traitements doivent être préparés à l’Hôpital régional d’Edmundston et être acheminés par navette ou par taxi à Saint-Quentin et à Grand-Sault.

Il y a des risques associés au transport des médicaments. Grâce à la solution proposée par le Réseau, un transport sécuritaire des médicaments sera assuré en tout temps.

Les médecins généralistes dans les cliniques satellites (Edmundston, Campbellton, Bathurst et Caraquet) ont été formés au Centre d’oncologie Dr-Léon-Richard. Ils assurent un suivi médical et une présence dans les cliniques d’oncologie.

Dans les cliniques de Grand-Sault et de Saint-Quentin, les médecins formés assurent le suivi médical à partir d’Edmundston. Toutefois, ils ne sont pas présents lors de l’administration des traitements dans ces établissements, ce qui peut occasionner des difficultés en cas de complications.

Cela étant dit, même avec la solution mise en œuvre par le Réseau, le niveau de soins médicaux ne sera pas le même dans ces régions qu’il l’est dans les autres cliniques d’oncologie. Toutefois, étant donné la présence d’un médecin à proximité (à l’urgence) en tout temps, on a jugé adéquat de poursuivre l’administration des médicaments oncologiques.

La décision prise par le Réseau de santé Vitalité concernant ses cliniques d’oncologie n’a pas été prise à la légère. La population est en droit de savoir et de comprendre que la sécurité des patients, le maintien des compétences du personnel, le transport des médicaments et l’absence de médecins formés à Grand-Sault et à Saint-Quentin sont les raisons qui ont amené le Réseau à prendre cette décision à l’automne 2017. La qualité des soins et la sécurité de nos patients sont notre plus grande priorité. Voilà pourquoi nous ne nous contentons pas seulement de respecter les normes canadiennes, nous cherchons à les surpasser.

Gilles Lanteigne, président-directeur général du Réseau de santé Vitalité
Dre France Desrosiers, vice-présidente – Services médicaux, Formation médicale et Recherche
Dr Denis Pelletier, directeur médical pour la zone Nord-Ouest
Dr Éric Levasseur, médecin-chef pour la zone Nord-Ouest