Le défi de la pauvreté

Quel merveilleux défi! La pauvreté, il faut s’en convaincre, n’est pas seulement le problème de ceux et celles que nous qualifions de démunis de la société! C’est chacun de nous qui est victime de la pauvreté et de la malnutrition. Mettons-nous au travail aujourd’hui!

Plusieurs avenues s’ouvrent devant nous! De nombreuses études démontrent que vaincre la pauvreté chez nous et dans le monde diminuerait grandement les fabuleux budgets que nous consacrons à lutter contre les maladies physiques et mentales, les guerres, les violences de toutes sortes. Nous verrions également la fermeture de nombreuses prisons et les coûts de nos systèmes juridiques et carcéraux connaîtraient une importante diminution. Si les droits de chaque citoyen et la dignité de chaque personne étaient reconnus, la qualité de nos relations sociales et la joie de vivre ensemble seraient grandement améliorées. Encore ici, tout tient à tout!

Comment relever pareil défi?

Devant l’ampleur d’un tel défi que pouvons-nous faire? D’abord nous convaincre que c’est tous ensemble, gouvernements et citoyens, que nous pourrons stopper les troublantes injustices que provoque la mauvaise répartition des immenses ressources de l’univers. Ces richesses appartiennent à nous tous, à tous les vivants de la Terre. Nous avons entre les mains tous les outils nécessaires, tout le génie qu’il faut pour redonner espoir à l’humanité, pour assurer la survie du Cosmos. Il nous manque le vouloir politique. De sérieuses études nous démontrent qu’en retranchant un simple 10% de nos budgets militaires, nous aurions les ressources nécessaires pour assurer à chaque citoyen et citoyenne de l’univers un milieu de vie qui reconnaîtrait sa dignité de personne humaine: la santé, l’éducation, le logement, un travail créateur, la sécurité, la joie de vivre ensemble. Et pourquoi ne pas consacrer les profits que retireront nos gouvernements de la vente du cannabis à cette cause? Mettons-nous au travail et choisissons l’espoir.

Quelques autres sentiers à explorer

Nous entrons dans une année d’élection au Nouveau-Brunswick et dans plusieurs autres provinces. L’an prochain ce sera au niveau fédéral. Abordons nos candidats et vendons-leur notre projet: faire de la lutte à la pauvreté une priorité provinciale et nationale dans nos prochains budgets. Invitons nos universités, nos maisons d’enseignement supérieur, nos centres de recherche, nos associations professionnelles à explorer les meilleures stratégies qui permettraient à nos gouvernements municipaux, provinciaux et fédéral de réaliser une distribution plus juste des richesses de l’univers.

Dans nos écoles, des cours sur la dignité de la personne humaine et sur la puissante énergie du partage, de la compassion, prépareraient notre jeunesse à s’engager avec nous. À l’exemple de plusieurs provinces, demandons à nos dirigeants politiques de mettre sur pieds, au Nouveau-Brunswick, un projet expérimental du Revenu annuel garanti pour nos artistes et un nombre respectable de concitoyens qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Depuis plus de cinquante ans, des expériences en ce sens sont menées au Canada, aux États-Unis, en France et ailleurs dans le monde. L’Ontario compte présentement trois de ces projets en chantier et le Québec un. Les résultats s’annoncent très positifs. Ce système simplifierait nos divers programmes d’aide sociale tout en maintenant une équipe de professionnels pour accompagner nos concitoyens qui éprouvent plus de difficultés à sortir de la pauvreté.

Nous pourrions également encourager nos gouvernements à favoriser le développement de la robotique dans nos usines et grandes entreprises. Les bénéfices seraient nombreux: nos gouvernements pourraient percevoir un pourcentage plus fort des revenus ainsi réalisés, les humains seraient libérés d’un travail souvent abrutissant, déshumanisant. Ceci permettrait de diriger nos ressources humaines vers les études, la recherche dans tous les domaines, la création artistique, les loisirs, l’embellissement de notre planète. Quel merveilleux avenir pour nos enfants!

Qu’attendons-nous alors pour libérer notre société du scandale de la pauvreté sous toutes ses formes? Mobilisons nos institutions, nos associations professionnelles, nos églises, nos regroupements culturels et artistiques. Parlons-en avec nos amis, nos voisins, nos leaders politiques. Faisons leur part de notre grand rêve! Nous avons maintenant les moyens de chasser les nuages noirs qui annoncent la mort de notre planète, le désespoir de trop de jeunes face à l’avenir. Nous pouvons et nous allons construire ce monde meilleur dont nous rêvons tous. Ayons l’audace de rêver grand, de nous donner un tel projet de société! Moi j’y crois! Et toi?

Fernand Arsenault
Cap-Pelé