Incompétente ou mal avisée?

Hector J. Cormier
Moncton

Durant les neuf sessions d’information tenues par le ministre de la Santé, Benoît Bourque, relativement au sort du Programme extra-mural, il ne fallait surtout pas prononcer le mot privatisation parce que cela aurait peut-être pu contrevenir à la Loi canadienne sur la Santé qui exige que les services de soins médicaux soient gérés sous administration publique par une entité sans but lucratif.

Au Nouveau-Brunswick, on a confié la responsabilité aux deux régies régionales de la Santé, soit Vitalité et Horizon où elle se doit d’être.

Le président et directeur général de Medavie, Bernard Lord, lors de ces rencontres, abondait dans le même sens. Pour un moment, on aurait juré que son organisme était tout autre qu’une entreprise privée.

Pour faire la lumière et obtenir une interprétation sûre de cette clause, Cecile Cassista, directrice administrative de la Coalition pour les droits des aînés et des résidents des foyers de soins, a communiqué avec la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas-Taylor, pour savoir si un service tel que le Programme extra-mural devait demeurer sous le secteur public pour remplir les exigences de la loi.

Quelle ne fut notre surprise de lire l’interprétation que la ministre faisait de cette clause de la loi : «Puisque ni le Programme extra-mural, ni le service Télé-Soins ne requièrent l’implication d’un médecin ou d’un hôpital, ils sont au-delà des exigences de la loi.»

Ce qui veut dire, selon elle, que les provinces et territoires peuvent assurer ce service selon leurs exigences et leurs conditions.

Nous savons tous que le traitement des soins infirmiers et de certains services de réhabilitation doit être approuvé par un médecin de famille. Sur quel fondement la ministre Petitpas-Taylor peut-elle faire pareille affirmation? S’il ne s’agit pas d’incompétente, se peut-il qu’elle soit mal avisée?