Il nous faut un ministère de la dette publique

Déposé tout récemment à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick par la ministre des Finances, Cathy Rogers, le budget provincial mérite une sérieuse et profonde réflexion.

D’abord, pour financer le déficit provincial de l’année financière 2018-2019, soit la somme de 675 000 000$, chaque citoyenne et chaque citoyen – comprenant les bébés qui y naîtront – auront à débourser 900$ et même plus parce que notre population n’atteint plus depuis quelques années les 750 000 habitants.

Poussons notre analyse un peu plus loin. S’il fallait à la fin mars 2019 payer au complet la dette du Nouveau-Brunswick, qui atteindra les 14 500 000 000$, chaque personne de notre pittoresque province devrait faire un chèque payable au trésor de la province au montant dépassant les 19 000$. En d’autres mots, pour enrayer complètement notre dette et payer les intérêts en mars 2019, chacun devrait payer près de 20 000$. Est-ce trop rêver?

Revenons maintenant aux intérêts de la dette. En ce moment, je n’ai pas les chiffres devant les yeux, mais tout me porte à croire que les intérêts payés sur notre dette (NDLR: 675 millions $ par année) constituent l’une des plus grandes dépenses publiques. Sans cette dette, imaginons les beaux et nobles programmes que l’on pourrait offrir à la population.

En ne payant pas notre dette ou en ne la réduisant pas substantiellement, elle continuera à grimper comme elle l’a fait depuis une dizaine d’années. Les conséquences sont nettement prévisibles. L’agence de notation financière se fera un vif plaisir et un grand honneur d’imposer une nouvelle cote de crédit en raison des risques encourus ce qui favorisera grandement les financiers. Ainsi, notre dette pourrait encore gonfler et les services publics fondre comme la neige au printemps! Notre situation est donc sérieuse pour ne pas dire périlleuse.

Alcide F.LeBlanc
Moncton