«Annus horribilis» acadienne

Si l’Acadie d’aujourd’hui occupe une place prépondérante au sein de la Francophonie internationale pour en toucher des retombées économiques, c’est qu’elle s’est créé une identité avec des outils particuliers. Le tout créant une sorte de bastion contre les intempéries de l’assimilation.

Ces outils créés dans son parcours vers le modernisme, ce sont, avec un hymne national et un drapeau, notamment un journal, des écoles, des universités, des hôpitaux et des caisses populaires. Les artisanes et les artisans de ces outils, ce sont des artistes, des leaders communautaires et des hommes politiques dont l’identité acadienne et francophone semblait ne pas faire défaut.

Quand je passe en revue 2017, je pense à 1992 que la reine Élisabeth avait qualifié «annus horribilis».

«Horribilis» un gouvernement avec à sa tête un premier ministre qui se dit acadien avec les Roussel, Bourque, Albert, Melanson, Landry, Arsenault et Boudreau dont l’histoire dira qu’ils ont ouvert une brèche dans le bastion créé par leur prédécesseur pour se protéger contre les intempéries de l’assimilation.  Voilà un gouvernement qui a institué des garderies bilingues et qui a commencé à démembrer le Réseau Vitalité. N’est-ce pas là une énorme faille dans la structure de l’identité acadienne francophone?

Et que dire du cahier de 46 pages publié par la Société historique Nicolas-Denys et l’Acadie Nouvelle sous le titre Personnalités acadiennes et francophones du N.-B qui ont façonné notre pays qui n’a pas su ajouter les noms des deux artistes de la chanson qui ont donné, entre autres, les chansons thèmes de l’Acadie, de plusieurs festivals identitaires, des Jeux de l’Acadie et de l’Université de Moncton?

Je m’arrête là pour ne pas me faire traiter de Don Quichotte par Don Bernard Thériault, mais souhaitons que le mouvement «horribilis» s’arrête là lui aussi?

Benoît Duguay
Moncton