Langue et trou noir

L’article de Roxanne Guérette (Acadie Nouvelle du 13 février) a confirmé ce que je pensais. Un accent, c’est charmant. Une mauvaise grammaire, ce l’est moins. En 2018, avec la télévision, la radio et tous les moyens de communication que nous avons, on entend encore dire: y’étions, y’avions et t’cheu mess. Les Acadiens sont souvent intimidés par les Québécois parce qu’il n’ont pas le vocabulaire pour leur répondre.

Je n’ai pas honte de ma langue. Le français est une très belle langue si on la parle correctement. La France ne m’a pas impressionnée il y a deux ans avec les anglicismes sur les panneaux publicitaires. Une vraie farce.

Le «trou noir» maintenant. Le 25 janvier, je suis allée au bureau de Poste Canada à Caraquet où il y avait six Mexicains qui envoyaient leurs salaires dans leur pays. Il faisait -20°C à l’extérieur. Par contre, je connais un couple en santé qui est sur le chômage hiver après hiver et qui se lève à 11h tous les matins. Je pense que le trou noir, on se le creuse. J’ai demandé à un ami acadien si c’était mon imagination, car je pensais que les manifestations se font principalement dans la Péninsule. Il m’a répondu: «Les autres n’ont pas le temps, ils travaillent».

Nicole Tremblay
Caraquet