Concours de langue

«L’insécurité linguistique», les médias, les réseaux sociaux surtout, nous en parlent abondamment. Ce concept qui émane de recherches universitaires nous fait prendre conscience de l’importance de l’enseignement de la langue en milieux scolaires. Il n’est pas le propre de l’Acadie. Dans notre milieu, il entraîne cependant des effets secondaires inquiétants tels que la justification du franglais et du chiac pratiqués surtout dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, ou encore la confusion entre «l’accent» et le «langage».

On pourra discourir longtemps pour prouver qu’il n’y a là aucun lien avec le «right fier» des derniers Jeux canadiens de la francophonie. Je sympathise avec les professeurs et les professeures de français des écoles de la région de Moncton-Shédiac notamment. Comment expliquer aux jeunes qu’entre deux personnes à compétences égales, candidates à un emploi en relation avec le public, c’est la personne s’exprimant le mieux qui sera choisie.

Mais ce n’est pas tout de discourir sur le sujet, il faut agir. Par exemple, les écoles francophones pourraient tenir des concours d’expression orale qui feraient partie du programme d’enseignement du français au niveau des onzièmes et douzièmes années? À l’image des Jeux de l’Acadie et des Olympiques, le podium serait réservé aux gagnantes et gagnants dont la victoire reposerait sur la qualité et la précision de la langue de l’exposé. Exposé qui pourrait présenter, par exemple, le pour et le contre d’une idée donnée. Entendons-nous bien ici, ce n’est pas l’accent qui ferait l’enjeu du débat, mais la qualité de la langue parlée. Les jeunes ne seraient-ils pas capables d’efforts impressionnants en langue comme en sport? Les jeux ont des normes. La langue parlée ou écrite en a elle aussi. Ne lâchez pas, professeurs de français. Puissent les parents demeurer vos meilleurs appuis.

Benoît Duguay
Moncton