Bien des entreprises, semble-t-il, sont à court de main-d’œuvre et sautent vite à la conclusion que la faute est du côté des chômeurs qui cherchent à se la couler douce. Si seulement elles s’arrêtaient pour examiner le revers de la médaille.

En 2003, le ministre des Services sociaux nous informait que son ministère venait en aide à quelque 200 000 personnes dans la province, sans compter tous ceux qui reçoivent de l’aide par l’entremise des organismes communautaires. Si le compte est bon, cela représente près du tiers de la population.

On n’a qu’à penser à ceux qui paraissent en bonne santé, mais qui sont bourrés de médicaments en raison de divers problèmes physiques. Ils ne sont pas alertes le matin et peu fonctionnels le reste de la journée. Ils aimeraient bien travailler, mais ils en sont incapables.

Que dire de ceux qui souffrent de dépression et d’autres troubles sur le plan émotif, et surtout d’anxiété, une limitation réelle, mais invisible. Ils ne peuvent supporter la moindre pression, paniquent facilement et s’épuisent quand leur employeur essaie de les faire produire plus, et plus vite, pour augmenter sa marge de profit.

Pensons maintenant aux mères de famille qui, l’été, se déplacent au loin pour aller travailler dans les usines d’apprêtage du poisson sur des planchers de ciment froids et qui subissent du chantage si elles refusent de travailler de longues heures sans interruption. Elles mettent leur santé en danger et gèrent la vie familiale à distance, durant les pauses, parce que d’autres s’occupent de leurs enfants pendant leur absence.

De nombreux travailleurs ne réussissent pas à trouver quelques semaines supplémentaires à la fin du travail saisonnier parce qu’il n’y a plus d’embauche nulle part.

Avant de pointer le doigt vers les chômeurs et leur prêter de mauvaises intentions, il faudrait marcher quelques kilomètres dans leurs souliers. On comprendrait mieux pourquoi ils s’accrochent aux prestations de chômage, l’hiver venu.

Il est toujours dangereux de faire un raccourci entre la pénurie de main-d’œuvre et l’oisiveté. Il vaut mieux aller au-delà de la surface des choses si l’on veut faire justice à la situation.

Claude Snow
Comité des 12

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