L’extra-mural appartient au secteur public

En transférant le Programme extra-mural à l’entreprise privée Medavie Croix-Bleue, le gouvernement a contrevenu à la Loi fédérale sur la Santé, quoiqu’en dise la ministre Ginette Petitpas-Taylor qui maintient que ce service n’a rien à voir avec les hôpitaux et les médecins. Quelqu’un voudra-t-il lui faire un dessin?

Nous sommes à perdre le contrôle de nos institutions petit à petit et, si nous acceptons ce genre de décisions, nous allons nous réveiller un bon jour pour constater que nos régies auront été émasculées et démunies de tout pouvoir décisionnel. Le gouvernement aura tellement privatisé que nous aurons peu à dire sur des entités qu’on aura voulu au départ qu’elles soient administrées sous la gestion publique. Pourrons-nous encore garantir l’accessibilité sans aucun obstacle financier, et que ce soit la santé du public qui soit l’objet de nos préoccupations et non les profits comme c’est le cas du secteur privé.

Les gouvernements agissent en gestionnaires corporatistes et se foutent de l’opinion des experts et des citoyens: une excellente formule pour le chaos. Les coûts augmentent en flèche alors que les services diminuent. Nous n’avons qu’à regarder du côté d’Ambulance NB. Ce n’est pas une histoire à succès. Quant à l’extra-mural, on parle déjà de moral bas et de services moindres.

Il nous faut plutôt renforcer les régies de la santé en leur octroyant des pouvoirs pleins et entiers sous la direction de conseils d’administration dont tous les membres seraient élus au suffrage universel. Une de ses principales tâches serait d’embaucher le directeur général ou la directrice générale. Il resterait au gouvernement d’exiger de ces entités qu’elles vivent selon un budget équilibré.
Pour y voir, il faudrait, aux prochaines élections provinciales, voter pour le retour du Programme extra-mural au secteur public. Posons les bonnes questions et exigeons des réponses vraies et honnêtes.

Hector J. Cormier
Moncton