Soyons conséquents au bureau de scrutin

J’espère que de nombreux Acadiens et Acadiennes ont porté une grande attention aux opinions du lecteur de Jeanne Renault concernant l’extra-mural dans l’Acadie Nouvelle du 14 mars et de Hector J. Cormier dans le journal du mercredi 28 mars. Une mise en garde d’une grande générosité de Mme Renault et de M. Cormier nous demande de garder en mémoire ce que le premier ministre Brian Gallant et ses députés francophones viennent de nous enfoncer dans la gorge: Medavie anglophone. L’extra-mural vient de prendre l’eau et le réseau Vitalité vient d’être fragilisé, une perte d’au moins de 15 à 20% de son achalandage.

Faibles et lamentables sont des qualificatifs qui ne sont pas assez forts pour évoquer la faiblesse de nos députés francophones qui frappent à nos portes à chaque élection pour nous dire dans le blanc des yeux qu’ils vont défendre nos intérêts et nos acquis. Bla, bla, bla… Si vous entendez encore ces paroles, soyez gentils, ouvrez la porte, sans violence et dites à celui ou celle qui sollicite votre appui d’aller prendre l’air. Nous venons de perdre très, très gros avec Medavie et ce que nous pouvons constater avec peine, c’est l’indifférence de beaucoup d’Acadiens et d’Acadiennes.

Je comprends que les gens sont libéraux et c’est la démocratie, mais ce qui est plus grave, c’est la raison de la venue de Medavie. Je vous explique: le premier ministre Brian Gallant fait le pari que d’ici les prochaines élections, le bon peuple acadien oubliera Medavie et qu’il gardera ses députés francophones. Il pense à la députation du Sud, aux anglophones qu’il a besoin pour se faire réélire, exactement comme l’ancien premier ministre Louis J. Robichaud lorsqu’il a vendu son alma mater, l’Université Sacré-Cœur de Bathurst, pour l’Université de Moncton en 1963, afin se faire réélire pour un deuxième mandat. Le Nord a ainsi perdu sa plus grosse industrie et le monopole de l’éducation supérieure avec la complicité des députés francophones et la Patente, qui sont restés muets.

J’étais présent en 1963 à cette assemblée de la ville de Caraquet, lorsqu’un ministre de la région s’est échappé devant le nouveau maire Alban Blanchard pour une demande de subvention afin de remplir les fossés à la Pointe-Rocheuse de Caraquet: «Faut garder l’argent dans le Sud, si on veut être réélus pour un deuxième mandat», nous a-t-il dit. Le ministre fut réélu avec une grosse majorité. Au diable les francophones. Ça n’a pas changé d’un centième depuis la Confédération et l’histoire semble vouloir se répéter. Je vous exhorte de prendre la plume sans peur et faites connaître vos opinions dans les médias. C’est important! Soyez ferme et prenez la décision de voter pour le retour du Programme extra-mural francophone.

Isidore Dugas
Caraquet