Santé: le pouvoir des citoyens

La théorie du grand chercheur dans sa tour d’ivoire, versus la réalité du combattant sur le terrain. Deux grands champs de pensées qui se voient souvent confrontés à de lourdes batailles, puisqu’ils ne peuvent trouver de terrain d’entente composant avec leurs différentes réalités. La question qu’il faut alors se poser est la suivante: est-il possible de trouver une entente entre les deux parties afin de trouver un partenariat pour le mieux-être du patient?

Bien sûr, il a déjà été démontré que le savoir expérientiel et le savoir professionnel ne sont aucunement exclusifs de l’un à l’autre. Des expériences auprès de patients atteints de schizophrénie montrent que l’approche de soutien par les pairs entraîne des effets positifs chez le patient et sa famille. Mais, le soutien par les pairs, c’est quoi au juste?

Le soutien par les pairs est une forme de soutien social qui est apporté, par des personnes souffrant ou ayant souffert d’un trouble psychique, à d’autres personnes partageant une expérience similaire. L’entraide sociale génère des bienfaits face au développement de l’autonomie de la personne souffrante et l’aide à concevoir des outils d’action afin d’atténuer ses symptômes et de renforcer sa perception d’efficacité. Malgré les bienfaits connus de cette approche, les défis à surmonter pour la concrétiser ne sont pas les moindres. Au Nouveau-Brunswick, le budget de la santé mentale dédié à l’approche de soutien par les pairs équivaut à 1,8% du budget global.

Ironiquement, alors que nous cherchons constamment à responsabiliser les individus et les communautés à être responsables de leurs défis sociaux, le budget est centralisé dans les instances gouvernementales et les citoyens doivent agir avec le minimum de ressources. Comment pouvons-nous innover ou maintenir les interventions pour régler différentes problématiques, si nous ne détenons aucunement de pouvoir sur l’utilisation des ressources? Ne serait-il pas le temps d’attribuer le pouvoir au sein des communautés afin de prévenir les nombreux défis reliés à la santé? Redonner le pouvoir d’agir aux experts de la situation, c’est de reconnaître la professionnalisation du citoyen ayant vécu cette expérience. La collaboration entre les deux parties ne peut qu’engendrer de meilleurs résultats.

Maxime Saulnier
Étudiant à la maîtrise en gestion des services de santé
Université de Moncton