Plus d’excuses

Par la présente, j’invite les partis politiques du Nouveau‑Brunswick à appuyer la campagne de South Central Transition House & Second Stage Coalition, «PLUS D’EXCUSES» (No More Excuses). La campagne a pour but d’inciter le gouvernement à financer à 100% les refuges pour femmes victimes de violence afin que ces centres puissent offrir à leurs employées un salaire juste, un salaire qui reflète la valeur de leur travail.

Saviez-vous que les travailleuses dans les refuges pour femmes du Nouveau‑Brunswick sont les moins bien rémunérées au pays? Le ministère du Développement social et la Direction de l’égalité des femmes versent aux organismes du secteur des subventions mensuelles. Ce financement n’a pas connu d’augmentation depuis une dizaine d’années, ce qui met durement à l’épreuve la capacité des refuges à offrir un juste salaire à leur personnel. Ces travailleuses fournissent des services essentiels à la communauté et aux victimes de maltraitance et de violence et méritent une rémunération digne de la valeur de leur travail.

La campagne «L’équité salariale maintenant!» lancée par la Coalition pour l’équité salariale au Nouveau‑Brunswick prône l’adoption d’une loi sur l’équité salariale dans le secteur privé afin de corriger les écarts et d’assurer une rémunération équitable pour tous. L’équité salariale s’entend d’un salaire égal pour un travail de valeur égale. Comme la valeur des postes à prédominance féminine est traditionnellement sous-valorisée, ils sont souvent sous-payés.

La gent féminine compte pour presque l’ensemble des effectifs du secteur des refuges des femmes qui aident d’autres femmes. Ces préposées sont animées d’une grande passion pour leur travail et assument d’importantes responsabilités; elles interviennent en situation de crise, offrent un abri aux clientes et leur proposent des services d’aiguillage.

En 2012, une étude menée par l’économiste Ruth Rose a conclu que pour atteindre l’équité salariale, le salaire horaire des intervenantes dans les refuges pour femmes devait passer de 13,36$ à 19,58$ de l’heure. Aujourd’hui, une évaluation révélerait sans doute que, loin de se rétrécir, l’écart se creuse. Il faut remédier à la situation en investissant dans le salaire de ces travailleuses jusqu’à ce qu’elles atteignent l’équité salariale.

La situation des employées dans les refuges pour femmes est un symptôme de la faible valeur qu’on accorde aux postes occupés majoritairement par les femmes dans le secteur des soins. De fait, la plupart des personnes qui font appel aux services offerts par les refuges sont cantonnées dans un emploi à prédominance féminine dans le secteur privé et ne gagnent vraisemblablement pas un salaire équitable. Faute d’un salaire adéquat et d’une sécurité financière, les femmes sont plus vulnérables aux relations violentes. Les victimes et les soignantes ont le droit à l’équité salariale.

Les maisons de transition se trouvent à la croisée de la pauvreté, de l’iniquité salariale et de la vulnérabilité des femmes à la violence entre partenaires intimes.

Seuls l’adoption d’une loi sur l’équité salariale et un financement adéquat pour faire augmenter le salaire des préposées aux soins et celui des travailleuses dans les refuges pour femmes peuvent assurer un juste salaire pour l’ensemble des travailleuses. Comme les droits des femmes ne sont pas un enjeu partisan, il incombe à tous les partis d’inclure ces deux mesures dans leur plateforme électorale, sinon les femmes les plus vulnérables de notre province continueront d’en faire les frais.

Frances LeBlanc
Présidente, Coalition pour l’équité salariale au Nouveau‑Brunswick