Sirop trop salé?

La saison du sirop d’érable bat son plein, ce qui fait le bonheur des nombreux amateurs de ce délice typiquement canadien, moi inclus. D’aucuns en trouvent le prix quelque peu élevé, mais il suffit de se renseigner sur tout le processus allant de l’arbre au palais du consommateur, incluant les installations et les équipements requis, pour se rendre compte que son coût n’est quand même pas exagéré. Ce qu’on découvre aussi, cependant, c’est que le plus grand prix à payer pour le privilège de déguster ce «miel des bois» n’est peut-être pas pécuniaire.

Des statistiques démontrent en effet que dans le Bas-Saint-Laurent seulement, on consomme 4,3 millions de litres de carburant fossile par année dans le processus d’évaporation du sirop d’érable, malgré que la majorité des installations utilisent encore le bois, sous sa forme naturelle ou transformée en granules. Pour leur part, celles-ci consomment en moyenne 0,32 corde de bois de 2 pieds pour chaque baril (32 gallons) de sirop produit. On songe aux quantités considérables d’émissions de gaz à effet de serre ainsi générées, auxquelles s’ajoutent celles issues du transport de ce carburant et pour la livraison du sirop aux divers points de distribution.

Dans le processus d’évaporation, le coût de l’électricité est de loin inférieur à celui de toute autre source énergétique en usage, mais le coût d’installation des fils (entre 10 000$ et 20 000$ le kilomètre) en décourage plus d’un quand on envisage de procéder aux aménagements nécessaires.

Mon intention n’est aucunement de dénigrer l’industrie acéricole, qui donne à notre région une couleur et surtout un goût aussi uniques. Mais je ne trouve pas sage de vivre dans l’inconscience; il est bon de réfléchir à la provenance des produits que l’on consomme et à l’impact que notre mode de vie peut avoir sur notre environnement.

Bonne dégustation!

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent