Spiritualité et religion

Ce n’est pas parce que les Acadiens fréquentent de moins en moins les églises qu’ils ne cultivent pas leur spiritualité. Qu’on le reconnaisse ou pas, la quête de sens est inhérente à l’être humain. Je remarque que les gens qui perdent leur quête de sens religieux, ils cherchent une raison de vivre un sens à leur espoir, dans les salles de bingo et la chasse à l’As, ce que je trouve troublant.

Nous devons éviter de confondre religion et spiritualité; c’est la spiritualité qui fait la religion. Les peuples se donnent une religion en fonction de leur spiritualité. Chez nous, qu’une partie de notre peuple vit sans dieu, c’est un phénomène relativement nouveau. Vivre sans référence à Dieu ne signifie pas que le spirituel ait disparu en Acadie.

En écoutant de nombreuses personnes que je reçois en consultation, leur vocabulaire a changé. Au lieu de parler religion, ils invoquent l’énergie, la lumière divine ou le karma. Ils cherchent un sens à leur vie, se posent de nombreuses questions sur leur finitude, la mort en elle-même. Sans référence à Dieu, tout est spirituel en eux.

À la suite de la perte d’un être cher, ils se questionnent, s’interrogent sur la possibilité que l’âme de la personne disparue soit ailleurs… Dans les moments tragiques de la vie, il y a une quête de sens profond, un retour à l’intériorité et une plus grande paix intérieure s’installe.

Les gens ont pris leur distance avec l’église-institution, parce qu’elle ne répondait pas à leur quête spirituelle. L’Église se doit, et c’est urgent, d’aider les gens à résoudre leur dilemme. Dans un dilemme, les gens en quête de sens font face à deux choix contraires: croire ou ne pas croire.

Selon Suzanne Rousseau, théologienne et professeure émérite, résoudre son dilemme permet d’atteindre la paix intérieure, ce qui est finalement l’objectif de la dynamique spirituelle.

Léon Robichaud
Shippagan