Confiance trompée

À peine trois mois que la gestion des Programmes de l’extra-mural et de Télé-Soins fut transférée à Medavie Croix-Bleue et déjà, des doléances surgissent de part et d’autre. Les opposants à ce projet de privatisation craignaient une détérioration dans la qualité des services comme suite à leur transfert au secteur privé. La nouvelle réalité semble leur donner raison. La qualité des services offerts jusque-là par l’extra-mural faisait pourtant l’objet d’éloges de la part de la population de la province.

La gestion d’Ambulance NB par Medavie avait pourtant fourni des preuves suffisamment nombreuses et éloquentes d’inefficacité pour qu’on évite toute récidive en ce sens.

Bribe par bribe, la communauté francophone du Nouveau-Brunswick se voit amputée de son droit constitutionnel de diriger elle-même ses propres institutions. Le fait que le gouvernement Gallant soit allé de l’avant avec ce projet de privatisation de services en santé contrevient – en plus – à la Loi fédérale, qui impose au secteur public la responsabilité de gérer le domaine des soins de santé. Puis il avait promis que la privatisation de ces services en améliorerait la qualité dans le respect des droits linguistiques des deux communautés de langue officielle. Jusqu’ici, la réalité semble être tout autre.

En élisant leurs représentants au gouvernement, les citoyens leur manifestent un gage de confiance dans leur habileté à gérer l’ensemble des services publics. Dans le dossier de la privatisation de services en santé, j’ai l’impression que la confiance d’un bon nombre de commettants a été trompée, jugeant que les élus n’ont pas agi dans leur intérêt primordial.

Les citoyens doivent s’assurer que tous les partis politiques de la province s’engagent à faire de ce dossier une priorité dans le cadre des élections prochaines. Ainsi, ils seront peut-être mieux éclairés le moment venu de décider où fonder leur confiance.

Cyrille Sippley
Saint-Louis-de-Kent