L’échec probable de l’éducation

Le 23 avril 2018 a lieu un assassinat de masse à Toronto, avec un mode opératoire auquel le public canadien n’est pas habitué. Un déjanté se serait improvisé justicier pour en découdre avec la gent féminine pour la simple raison que son beau visage apparemment candide n’aurait séduit aucune femme intéressée à le prendre pour époux. L’Acadie Nouvelle en a fait cas le 27 avril dernier avec analyses de quelques experts qui nous rappellent comment cette tragédie ne serait pas l’œuvre d’un loup solitaire. L’article m’a permis de prendre conscience de la facilité avec laquelle on peut faire la promotion ou le prosélytisme de n’importe quoi par le biais des réseaux sociaux. Je dois être l’un de ceux et celles ignorant l’existence d’un groupe composé de gars qui accusent les femmes d’être la cause de leur célibat endurci.

Comme médium ou outil, les réseaux sociaux ne sauraient être la cause de tous nos problèmes. La mise en cause, c’est la forme d’éducation qui continue à nous conditionner. En d’autres mots, nous avons consciemment ou inconsciemment créé de toute pièce des monstres enclins à nous ôter la vie à coup d’arguments farfelus. Si un enfant baigne dans un environnement où on lui donne l’impression que les causes de son problème sont souvent externes, il y a de fortes chances qu’à l’âge adulte, il cherchera toujours à trouver un bouc émissaire pour ses problèmes. Qu’on le veuille ou non, on contribue d’une manière ou d’une autre à ce qu’un enfant devient à l’âge adulte.

Cet évènement malheureux de Toronto vient non seulement nous apprendre qu’il nous reste encore beaucoup de chemin à faire en matière de l’éducation, mais aussi confirmer l’idée selon laquelle les actes terroristes n’ont pas toujours un fondement religieux, ou du moins, les terroristes ne portent pas toujours un nom à consonance arabe. En gros, on est tous logés à la même enseigne, qu’on soit religieux ou non.

Jean Codjo (Moncton)
Enseignant, école L’Odyssée