Jean Cadieux en serait fort heureux

La nomination de Marc Richard au poste de juge en chef du Nouveau-Brunswick, un ancien de l’école de Droit de l’Université de Moncton, aurait eu de quoi réjouir l’ancien recteur de l’institution et fondateur de l’école, Jean Cadieux.

Au temps où il y avait encore des possibilités d’innovations à l’université, il existait deux écoles de pensée. Le père Clément Cormier favorisait la création d’une école de médecine tandis que Jean Cadieux croyait plutôt que ce qu’il fallait aux Acadiens, c’était une école de droit. Selon lui, tous les faits et gestes dans une société sont réglés par des lois, de là l’importance d’un système judiciaire bien rodé et la présence d’avocats bien formés. C’est son idée qui a prévalu.

En avoir l’idée était une chose. Convaincre les membres de la Commission de l’enseignement supérieur des Maritimes en était une autre. Deux ou trois institutions de la région voulaient soit des institutions nouvelles, soit des améliorations à des facilités existantes dont l’université du Nouveau-Brunswick qui proposait de rendre ses installations bilingues. Les leaders acadiens savaient trop bien ce que cela voulait dire.

Il fallait aussi et surtout convaincre les nôtres de l’importance d’une telle école. Nombreux étaient ceux, dont le juge Adrien Cormier, qui croyaient qu’une aventure pareille était impossible, le droit canadien étant issu de la Common Law britannique. Cela n’a pas empêché les instances politiques de nommer l’édifice de son nom. Le Comité d’appellation des édifices n’a même pas été consulté.

Il a fallu bien d’autres efforts de persuasion à l’époque pour convaincre de nombreux avocats francophones de la province du bien-fondé d’une telle institution. Pourtant, la présence d’une école de droit a depuis ouvert tellement de portes dont celle qui permet à l’Acadien Marc Richard d’accéder au plus haut poste de la magistrature provinciale. Nous lui offrons nos félicitations.

Hector J. Cormier
Moncton